Abbatia
Sancti Petri
de Curte

La Regla de san Benito

Capítulo 52

De Oratorio MonasteriiDel Oratorio del Monasterio

San Macario el Egipcio busca un lugar retirado para la oración, grabado de Jan Sadeler según Maerten de Vos, Solitudo sive Vitae Patrum eremicolarum, 1594.
San Macario el Egipcio busca un lugar retirado para la oración, grabado de Jan Sadeler según Maerten de Vos, Solitudo sive Vitae Patrum eremicolarum, 1594. fuente de la imagen — Dominio público

Sobre todo el capítulo

Comentarios Dom Paul Delatte, abad de Solesmes (1913) (en francés) 52

p. 372 DE L’ORATOIRE DU MONASTÈRE

1

Oratorium hoc sit, quod dicitur: nec ibi quicquam aliud geratur, aut condatur.

Sea el Oratorio lo mismo que significa, y no se haga, ni se guarde en él cosa alguna, sino lo que conduzca al culto divino.

Comentarios Dom Paul Delatte, abad de Solesmes (1913) (en francés) 52.1

p. 372 De oratorio monasterii. — Oratorium hoc sit quod dicitur; nec ibi quidquam aliud geratur, aut condatur.

p. 372 Saint Benoît aime les choses exactes, cohérentes, harmonieuses. Lorsqu’il s’adresse à l’Abbé, il lui demande de justifier par ses œuvres le nom qui lui est donné : Et studeat nomen majoris factis implere; — lorsqu’il parle de l’office divin, il nous recommande de mettre notre pensée d’accord avec notre voix : Mens nostra concordet voci nostrae; — de même ici, au sujet de l’oratoire qui est, par définition et selon son nom, le lieu de la prière, domus orationis, il veut que ce nom soit justifié pleinement : hoc sit quod dicitur. Partout, on reconnaît le même souci très élevé de l’ordre. C’est une des formes les plus nobles de la conscience et le côté par où elle touche à l’esthétique et au culte de la beauté. Et c’est en même temps le meilleur témoignage de notre soumission à la loi, puisque la loi morale a été renfermée par les anciens dans ce simple axiome : Soyez ce que vous êtes, Vivere naturae convenienter oportet, traduisez dans votre agir ce qu’il y a dans votre être.

p. 372 On n’emploiera donc l’oratoire qu’aux choses de la prière. Nec ibi quidquam aliud geratur aut condatur (1). On n’y fera rien d’étranger. L’oratoire ne doit pas ressembler à un atelier : chez saint Benoît, on ne tresse pas de nattes pendant la psalmodie (2). On n’y mange pas non plus, comme dans certaines églises dont parlait saint Augustin (3). Ce n’est pas davantage un dortoir. Nec condatur : on n’y déposera rien qui n’ait trait à l’office divin : l’oratoire ne sera pas une sorte de capharnaüm, où l’on entasse pêle-mêle toutes choses : des livres, des instruments de travail, des vêtements.

(1) Cette formule de la Règle a été adoptée par le Droit (Can. Oratorium, 6. Dist. xlii) et les canons des conciles l’ont souvent citée. Elle est d’ailleurs un souvenir de S. Augustin dans sa Lettre CCXI, ad monachas (7) ; et tout le passage a certainement inspiré saint Benoît : Orationibus instate horis et temporibus constitutis. In oratorio nemo aliquid agat, nisi ad quod est factum, unde et nomen accepit; ut si aliquae etiam praeter horas constitutas, si eis vacat, orare voluerint, non eis sint impedimento, quae ibi aliquid agere voluerint.

(2) Cf. S. Pach., Reg., v et vii.

(3) Confess., l. VI, c. ii. P. L., XXXII, 719-720.

2

Expleto Opere Dei omnes cum summo silentio exeant, et habeatur reverentia Deo,

Concluidos los divinos Oficios salgan todos con un profundo silencio, tributando á Dios la reverencia que le es debida,

Comentarios Dom Paul Delatte, abad de Solesmes (1913) (en francés) 52.2-52.3

p. 373 Expleto opere Dei, omnes cum summo silentio exeant, et agatur reverentia Deo; ut frater qui forte sibi peculiariter vult orare, non impediatur alterius improbitate.

p. 373 L’oratoire appartient exclusivement au Seigneur et à ceux qui le prient. L’Œuvre de Dieu étant achevée, tous se retireront dans un très grand silence et témoigneront ainsi de leur respect envers la divine Majesté, et agatur reverentia Deo. C’est à tort, semble-t-il, que des commentateurs entendent ces paroles d’un salut ou d’une génuflexion à la Croix ou au Saint-Sacrement. Saint Benoît veut qu’on prenne conscience de la sainteté du lieu, qu’on ne le quitte point en tumulte, qu’on ne s’y attarde jamais pour causer. C’est l’honneur de Dieu qui le réclame, ce sont nos propres intérêts spirituels, puisque le parfum versé par l’office dans notre cœur pourrait s’évaporer en un moment ; mais la Règle ajoute un autre motif encore.

p. 373 On gardera dans l’oratoire un silence profond par un sentiment de déférence affectueuse envers nos frères et « afin que celui qui voudrait prier en son particulier n’en soit pas empêché par l’importunité d’autrui ». Il nous faut noter au passage cet élément, dont saint Benoît n’a jamais parlé ex professo, non plus que des conférences spirituelles : l’oraison privée. Le peu qui en est dit ici et au chapitre XX suffit pour établir que les moines d’autrefois ne l’ignoraient pas et que la Règle ou l’autorité de l’Abbé permettaient à chacun de prélever sur le travail manuel ou sur l’étude quelques instants d’oraison. Mais cette pratique a, chez saint Benoît, quelque chose de facultatif et de libéral : frater qui forte..., si alter vult sibi... Il semble que N. B. Père veuille signaler comme spécialement favorable à l’oraison le temps qui suit immédiatement les offices : l’âme est alors toute pleine de Dieu, et il y a, nous le savons, connexion intime entre l’oraison monastique et l’office divin. Le lieu par excellence de l’oraison, l’église, est indiqué lui aussi implicitement par la Règle. Enfin, les lignes qui suivent paraissent esquisser une méthode.

3

ut frater, qui forte sibi peculiariter vult orare, non impediatur alterius improbitate.

para que de este modo si quisiese algun monge orar privadamente, no sea impedido por la indiscrecion de otro.

4

Sed si alter vult sibi forte secretius orare, simpliciter intret et oret; non in clamosa voce, sed in lacrymis, et intentione cordis.

Y si acaso algun otro quiere tambien recogerse á orar, entre sin ruido, y ore, no en voz alta, sino con fervor, y lágrimas.

Comentarios Dom Paul Delatte, abad de Solesmes (1913) (en francés) 52.4-52.5

p. 373 Sed si alter vult sibi forte secretius orare, simpliciter intret et oret; non in clamosa voce, sed in lacrimis et intentione cordis. Ergo qui simile opus non facit, non permittatur, expleto opere Dei, remorari in oratorio, sicut dictum est, ne alius impedimentum patiatur.

p. 374 L’intention principale de saint Benoît (1) est de défendre le recueillement des siens contre des allées et venues tapageuses, contre le bruit de conversations inutiles. S’il est un lieu au monde, avant l’éternité, où nous ayons le droit de n’être pas molestés et livrés à la merci des indiscrets, c’est bien l’oratoire. Puisqu’il reste fermé à tous ceux qui n’auraient pas le dessein d’y prier, il l’est encore, et pour les mêmes motifs, à ceux dont la piété trop expansive pourrait importuner les frères. N’oublions pas que la sainte Règle a été écrite tout d’abord pour des méridionaux et que les formes extérieures de la dévotion se calquent toujours sur le tempérament. De plus, il y avait sans doute au Mont-Cassin des barbares et des paysans convertis. A tous ceux que la bonne éducation ne défendrait pas contre certains écarts, saint Benoît rappelle que les cris, les supplications à haute voix, les soupirs doivent être absolument bannis d’un oratoire monastique. C’est l’intention, c’est l’ardeur secrète du cœur qui constituent la prière ; et s’il y a des larmes, que ce soient des larmes silencieuses et de tendresse. N. B. Père est vraiment admirable dans ce portrait rapide de l’homme d’oraison : Simpliciter intret et oret (2)...

(1) Cf. Cass., Inst., II, x. Lire tout le chapitre et les suivants, dont saint Benoît se souvenait en écrivant le chapitre lii. — S. Basil., Reg. contr., cxxxvi. — S. Cypr., De Oratione Dominica, c. iv et v. P. L., IV, 521-522.

(2) Omni cordis intentione (orent), avait dit Cassien, Inst., II, xii. Sur l'intentio cordis, voir encore Cassien, Conlat. I, vii ; IV, iv ; IX, vi-vii ; XXIII, xi ; et Inst., V, xxxiv. — Vera postulatio non in oris est vocibus, sed in cogitationibus cordis. Valentiores namque voces apud secretissimas aures Dei non faciunt verba nostra, sed desideria. Aeternam etenim vitam si ore petimus, nec tamen corde desideramus, clamantes tacemus. Si vero desideramus ex corde, etiam cum ore conticescimus, tacentes clamamus... Intus in desiderio est clamor secretus, qui ad humanas aures non pervenit, et tamen auditum Conditoris replet (S. Greg. M., Moral. in Job, l. XXII, c. xvii. P. L., LXXVI, 238).

p. 374 Par conséquent, au nom de la charité fraternelle, conclut saint Benoît, l’exclusion de l’oratoire est prononcée contre tous ceux qui ne se borneraient pas, en dehors de l’office divin, à cette œuvre de prière silencieuse.

5

Ergo qui simile opus non facit, non permittatur, expleto Opere Dei, remorari in Oratorio, sicut dictum est, ne alius impedimentum patiatur.

Por tanto no se permita al que no hubiere de orar, quedarse en la Iglesia despues del Oficio, como habemos dicho, no sea que impida á los demás.

Texto latino: edición de Hunter Blair, The Rule of St. Benedict, Fort Augustus, 1906, sin las referencias bíblicas entre corchetes ni las notas del editor. Numeración usual de los versículos. · Versión castellana, Barcelona, V. Torras y J. Corominas, 1850 (ortografía de la época). Texto de dominio público en Francia (art. L123-1 del Código de la Propiedad Intelectual francés). Transcripción y revisión: Abbatia Sancti Petri de Curte. Señalar un error