Die Regel des heiligen Benedikt
Kapitel 13
Privatis diebus qualiter Matutini aganturWie die Laudes an gewöhnlichen Tagen gehalten werden
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Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 13
p. 183 COMMENT CÉLÉBRER LES MATINES AUX JOURS DE FÉRIE
Diebus autem privatis Matutinorum solemnitas ita agatur,
An gewöhnlichen Tagen werden die Laudes also gehalten:
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 13.1-13.2
col.447 Diebus autem privatis matutinorum solemnitas ita agatur, id est ut sexagesimus sextus psalmus dicatur sine antiphona, subtrahendo modice sicut dominica.] Subtrahendo modice, id est non ita celeriter, seu etiam minus alte cantando, inquit Bernardus Cassinensis. Nimirum sicut ad vigilias psalmum xciv protrahendo et morose voluit dici, ita ad matutinos psalmum lxvi.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 13.1-13.2
p. 183 Privatis diebus qualiter Matutini agantur. — Diebus autem privatis Matutinorum solemnitas ita agatur, id est, sexagesimus sextus Psalmus dicatur sine Antiphona in directum, subtrahendo modice, sicut in Dominica, ut omnes occurrant ad quinquagesimum, qui cum Antiphona dicatur.
p. 183 Les jours de la semaine où il n’y a pas de fête de saints (1), les jours de simple férie, l’office matutinal se célébrera comme il suit. On dira sans antienne, in directum, mais assez lentement, comme le dimanche, le psaume lxvi. De la sorte, tous les frères seront rentrés au chœur pour le le, qui appartient à la psalmodie solennelle et se dit non plus avec Alleluia mais avec une antienne spéciale. Ces deux psaumes, ainsi que les laudes dont parle plus loin saint Benoît, constituent la portion invariable de la psalmodie. Voici maintenant la portion variable.
(1) On trouve aussi l’expression diebus privatis dans l'Ordo psalmodiae Lirinensis,
id est, ut sexagesimus sextus Psalmus dicatur sine antiphona, subtrahendo modice, sicut in Dominica, ut omnes occurrant ad quinquagesimum, qui cum antiphona dicatur.
man bete den 66. Psalm ohne Antiphon, etwas langsam, wie am Sonntag, damit alle beim 50. Psalm zugegen sein können, der mit einer Antiphon verbunden wird.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 13.2
col.447 Ut omnes occurrant ad quinquagesimum.] Non quidem jam incœptum, sed inchoandum; ita ut finita Gloria psalmi lxvi, omnes jam occurrerint, tardiusque venientes satisfaciant, uti post Hildemarum exponit Bernardus Cassinensis.
col.447 Qui cum antiphona dicatur.] De antiphonis ad reliquos psalmos nihil dicit S. P. Benedictus : hinc Joannes Bona de Cisterciensibus suis loquens (De Divin. Psalm. cap. 18, § 4), « ad laudes, inquit, unam duntaxat dicimus antiphonam, ad cujus tenorem omnes psalmos modulamur. »
Post quem alii duo Psalmi dicantur, secundum consuetudinem, id est,
Dann folgen wie üblich zwei andere Psalmen, und zwar
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 13.3, 13.3-13.4
col.447 Post quem alii duo psalmi dicantur secundum consuetudinem.] Quam ipse instituit, sive, ut loquitur Bernardus Cassin., « secundum consuetudinem monachorum qui tunc in ipso monasterio Cassinensi erant, » non autem aliarum ecclesiarum.
col.447 Id est feria secunda, etc.] Feriæ apud antiquos erant dies festi, a feriendis victimis, quas his diebus offerebant, sic dicti. Sed B. Benedictus per ferias hic intelligit dies privatos, sicuti a Silvestro papa ordinatum legimus in lectionibus quæ ad vigilias ejus festi recitantur : « Sabbati et dominici diei nomine retento, reliquos hebdomadæ dies feriarum nomine distinctos, ut jam ante in Ecclesia vocari cœperant, appellari voluit; quo significaretur quotidie clericos, abjecta cæterarum rerum cura, uni Deo prorsus vacare debere. »
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 13.3-13.9
p. 183 Post quem alii duo Psalmi dicantur, secundum consuetudinem, id est, secunda feria, quintus, et trigesimus quintus. Tertia feria, quadragesimus secundus, et quinquagesimus sextus. Quarta feria, sexagesimus tertius, et sexagesimus quartus. Quinta feria, octogesimus septimus, et octogesimus nonus. Sexta feria, septuagesimus quintus, et nonagesimus primus. Sabbato autem, centesimus quadragesimus secundus, et Canticum Deuteronomii, quod dividatur in duas « Glorias ».
p. 184 Chaque jour, après le Miserere, on dira deux psaumes « selon la coutume ». Quelle est cette coutume? Une coutume monastique? celle qui avait en cours jusqu’alors au Mont-Cassin? la coutume des églises de la région? la coutume ambrosienne, ou celle de Rome, dont il sera question à propos des cantiques? Nous ne pouvons le savoir. Nous ne voyons pas bien non plus si N. B. Père a emprunté à cette coutume non seulement l’usage des deux psaumes, mais encore leur désignation. Il est probable pourtant qu’il a accepté, et tel quel, ce choix des onze psaumes, pris çà et là dans le Psautier. Mais quelle fut à l’origine la raison déterminante d’un pareil choix (1)? Pour la seconde férie, le ve : Verba mea, et le xxxve : Dixit injustus; pour la troisième férie, le xliie : Judica me, Deus, et le lvie : Miserere mei, Deus, miserere mei; pour la quatrième férie, le lxiiie : Exaudi, Deus, orationem meam, et le lxive : Te decet hymnus; pour la cinquième férie, le lxxxviie : Domine, Deus salutis meae, et le lxxxixe : Domine, refugium factus es nobis; pour la sixième férie, le lxxve : Notus in Judaea Deus, et le xcie : Bonum est confiteri Domino; pour le samedi, le cxliie : Domine, exaudi orationem meam, auribus percipe. Dans le Bréviaire romain d’avant la réforme de Pie X, il y avait aux Laudes de chaque jour, après le Miserere, un seul psaume spécial et un cantique ; les cantiques étaient les mêmes dans les deux liturgies ; un des psaumes indiqués par saint Benoît pour chaque férie se retrouvait — et subsiste encore — le même jour au romain, avec cette différence qu’au romain les psaumes cxlii et xci appartiennent respectivement à la férie sixième et au samedi.
(1) « Une personne éclairée et qui a fait sur cela de sérieuses réflexions, dit D. Calmet, croit que saint Benoît a voulu mettre à la première Heure du jour des psaumes qui parlent de la lumière et du matin et qui ont rapport à la résurrection. »
p. 184 Un seul psaume est assigné au samedi, à raison de la longueur insolite du cantique du Deutéronome marqué pour ce jour-là. On divise le cantique en deux Gloria, c’est-à-dire qu’on le partage en deux portions suivies chacune de la doxologie Gloria; la première partie du cantique fait fonction du deuxième psaume intercalaire, et la deuxième partie est le cantique lui-même. Une transition est ainsi offerte à N. B. Père pour parler des cantiques.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 13.4
col.447 Quintus et trigesimus quintus, etc.] Hic quærunt cur interturbato psalmorum ordine, hos diversis e locis psalmos S. Pater elegerit. Respondet Bernardus Cassin. et ex eo Boherius : 1° auctoritatem statuentis sufficere, cum homo spiritu omnium justorum plenus non sine rationabili causa ac mysterio hos præsertim ad matutinum psalmos elegerit : 2° cum Hildemaro in quolibet istorum psalmorum aut expresse, aut sub mysterio aliquid contineri quod ad horam matutinalem pertineat : id quod fusius demonstrat Hildemarus.
Sabbato autem, centesimus quadragesimus secundus, et Canticum Deuteronomii, quod dividatur in duas Glorias.
am Samstag der 142. und der Lobgesang aus dem Deuteronomium, der durch das "Ehre sei dem Vater" in zwei Teile zerlegt wird;
Nam ceteris diebus, canticum unumquodque die suo ex Prophetis, sicut psallit Ecclesia Romana, dicatur.
an den übrigen Tagen werde aber jeweils der Lobgesang aus den Propheten gebetet, wie es in der römischen Kirche Brauch ist.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 13.10
col.447 Nam cæteris diebus canticum unumquodque die suo sicut psallit Ecclesia Romana dicatur.] Id est eadem cantica quæ psallit Ecclesia Romana dicantur; vel sicut Ecclesia Romana aliquod canticum quotidie psallit, ita et nos, sive eadem, sive alia.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 13.10-13.11
p. 184 Nam ceteris diebus, Canticum unumquodque die suo ex Prophetis, sicut psallit Ecclesia Romana, dicatur. Post haec sequantur Laudes ; deinde Lectio una Apostoli memoriter recitanda, Responsorium, Ambrosianum, Versus, Canticum de Evangelio, Litania, et completum est.
p. 185 Car on récitera des cantiques, non pas le samedi seulement, ni toujours le même : mais chacune des autres féries aura son cantique propre, emprunté, comme le cantique du samedi, au répertoire de l’Église romaine. L’Abbé devait déterminer les cantiques du troisième nocturne du dimanche, parce que l’Église romaine n’usait aux Vigiles que de psalmodie : il ne pouvait lui emprunter ce qu’elle ne possédait pas. Mais elle avait tous les jours à Laudes un cantique tiré des Prophètes (ex Prophetis, au sens large) ; et saint Benoît, sur ce point, adopte la coutume et probablement aussi la désignation de l’Église romaine. Comme le fait observer D. Bäumer, quelques églises seulement d’Occident avaient adopté l’usage oriental de nombreux cantiques, et l’introduction de cette pratique par saint Benoît « était, du moins chez les moines, quelque chose de nouveau (1) ». Tandis que le dimanche a les « bénédictions » des trois enfants, la seconde férie a le cantique du chapitre xii d’Isaïe ; la troisième férie, le cantique d’Ézéchias ; la quatrième, le cantique d’Anne ; la cinquième, le cantique de Moïse après le passage de la mer Rouge ; la sixième, le cantique d’Habacuc ; et le samedi, celui du Deutéronome où Moïse trace, avant de mourir, l’histoire passée et future d’Israël.
(1) Op. cit., t. I, p. 249. Cf. p. 179 et suiv. — D. Cabrol, Dictionnaire d’Archéologie chrétienne et de Liturqie, art. Cantiques.
p. 185 Après ces cantiques viennent les psaumes de louange ; puis une courte leçon empruntée à l’apôtre saint Paul et qu’on récite de mémoire, le répons bref, l’hymne ambrosienne, le verset, le cantique de l’Évangile ou Benedictus, la litanie, et l’on termine.
Post hæc sequantur Laudes; deinde lectio una Apostoli memoriter recitanda, responsorium, Ambrosianum, versus, canticum de Evangelio, Litania, et completum est.
Daran schließen sich die Laudatepsalmen, ein Abschnitt aus den Apostelbriefen auswendig, das Responsorium, der Hymnus, der Versikel, der Lobgesang aus dem Evangelium und zum Schluß die Litaneigebete.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 13.11
col.448 Lectio Apostoli memoriter recitanda.] Quanti sit meriti huic Regulæ statuto obtemperare, disces ex lib. iii Revelat. S. Gertrudis, c. 82.
Plane agenda Matutina, vel Vespertina non transeant aliquando, nisi ultimo per ordinem Oratio Dominica, omnibus audientibus, dicatur a Priore, propter scandalorum spinas quæ oriri solent,
Auf alle Fälle dürfen Laudes und Vesper nie vorübergehen, ohne daß der Obere am Schluß allen vernehmbar das Vaterunser ganz vorbete wegen der Dornen der Ärgernisse, die leicht entstehen,
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 13.12
col.448 Plane agenda matutina vel vespertina, etc.] Quid sit agenda docet Boherius his verbis : « Agenda nomen est substantivum; sic enim appellantur horæ canonicæ in quibusdam regionibus. » Et Menardus : « Agenda est officium alicujus horæ, officium divinum, cursus divini officii, anniversaria celebritas, opus Dei, ut infra hoc capite : cæteris agendis; S. Gregorii Antiphonarius : in agenda mortuorum antiphona : Requiem æternam ; Anastasius Bibliothecarius in Leone secundo : Sed et ne Mauri episcopi anniversitas seu agenda celebraretur. »
col.448 Non transeat aliquando, nisi in ultimo per ordinem oratio dominica omnibus audientibus dicatur, etc.] Plurima hic et notatu dignissima præscribit S. P. Benedictus. Primo, ut ad omnes canonicas horas sub finem officii dicatur oratio dominica, idque propter excellentiam haud dubium hujus orationis, quam tribus potissimum momentis commendat Boherius: 1° a dignitate, quia Magister magistrorum eam composuit; 2° a brevitate, et hoc multiplici, inquit, de causa; nam ideo est brevis, ut melius sciatur, ut facilius retineatur, ut ferventius dicatur, ut dicentem non tædeat, ut per ignorantiam nemo se excuset, ut Dominum cito audire innuat, ut plus affectu quam voce designetur orationem debere fieri; 3° a fecunditate, quia omnes petitiones in se comprehendit. Quod ultimum caput ita exponit S. Augustinus (Serm. 64, in append.) seu quivis alius : « Hæc oratio compendiosis verbis, id est septem petitionibus omnes species orationis comprehendit, quibus Deum interpellamus aut pro appetendis bonis, aut pro vitandis malis, aut pro delendis commissis. » Quæ tria fuse et apte ex SS. Patribus explicat Alardus Gazæus ad Cassiani collat. 9, c. 18. Et has forte ob prærogativas « mos apostolorum fuit, inquit S. Gregorius, ut ad ipsam solummodo orationem (dominicam) oblationis hostiam consecrarent. » S. Clemens in Constit. apost. l. vii, c. 25 (Epist. 63), monet Christianos ut eam ter in die recitent. In concilio Toletano iv, can. 9, jubentur presbyteri ac cæteri clerici orationem dominicam, quia quotidiana est oratio, quotidie dicere. Denique in concilio Rhemensi c. 2, legimus : « Nulli Christiano licere orationem dominicam aut non tenere memoriter, aut non intelligere, aut non frequentare. »
col.448 Secundo, præscribit S. Benedictus ut oratio dominica alta dicatur voce ad laudes et vesperas : id quod in concilio Gerundensi anno 517 celebrato (Can. 10) decretum legitur his verbis : « Item nobis semper placuit observari , ut omnibus diebus post matutinas, et vesperas oratio dominica a sacerdote proferatur ; » aitque Durandus (Lib. v Ration., cap. 2) in primitiva Ecclesia post quamlibet horam absque alia oratione alta voce pronuntiatam fuisse, quod adhuc, inquit, Ecclesia Lateranensis dicitur observare. Eamdem alta voce in ecclesia cantatam fuisse innuit abbas Isaac apud Cassianum (Collat. 9, cap. 22), cum exponens illa verba, Et dimitte nobis debita nostra, etc., sic loquitur : « Tantum remittitur nobis quantum nos remiserimus eis, qui nobis quacunque malignitate nocuerant; quod formidantes nonnulli cum in ecclesia hæc oratio ab universa plebe concinitur, hunc locum taciti prætermittunt, ut semetipsos obligare potius quam excusare sua professione videantur. » Ubi quod dicit orationem ab universa plebe concini, respicere videtur illud S. Gregorii (Lib. vii, ep. 63) : « Oratio dominica apud Græcos ab omni populo dicitur, apud nos autem a solo sacerdote, » scilicet in missa.
col.449 Tertio, ut dicatur a priore, « id est abbate, inquit Boherius, vel ipso etiam absente a priore claustrali, vel ab ipso tandem qui facit majus officium in altari ; quia nimirum ille est prior omnium in officio altaris. » Ita etiam Alardus Gazæus in suo ad Cassianum comm. lib. viii, cap. 8, per priorem intelligit sacercerdotem hebdomadarium ; sed verius cum Bernardo Cassinensi abbatem seu chori præsidem intellexerim, qui hoc in Cassinensi monasterio suo tempore abiisse in dissuetudinem asserit.
col.449 Propter scandalorum spinas quæ solent oriri.] Quid sint scandalorum spinæ explicat Smaragdus his verbis : « Scandalorum autem spinæ hoc in loco intelliguntur iræ, rixæ, dissensiones, detractiones, æmulationes , vel aliquæ contentiones, commotiones, quæ inter fratres solent oriri; a quibus inter se pacem habentes, charitatemque continuam conservantes, mane et in vespere monachi se debent purgare. »
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 13.12-13.14
p. 185 Plane agenda Matutina vel Vespertina non transeat aliquando, nisi ultimo per ordinem Oratio Dominica, amnibus audientibus, dicatur a priore, propter scandalorum spinas, quae oriri solent, ut conventi per ipsius Orationis sponsionem, qua dicunt : Dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostri, purgent se ab hujumodi vitio. Ceteris uero agendis, ultima pars ejus Orationis dicatur, ut ab omnibus respondeatur : Sed libera nos a malo.
p. 185 En prescrivant la litanie comme conclusion de l’office, N. B. Père entendait vraisemblablement par là, nous l’avons dit, tout un ensemble de formules dont faisait partie le Pater; mais il tient à faire relativement à l’emploi liturgique du Pater une disposition formelle, avec intention précise, propre à l’office monastique. C’est une règle invariable que saint Benoît veut poser, et l’on voit tout aussitôt qu’elle lui tient à cœur : Plane (i. e. certe, omnino) agenda Matutina vel Vespertina non transeat aliquando... Nous n’avons pas à rappeler ici la beauté de cette prière, la plus vénérable et la plus complète qu’il y ait au monde, et qui conserve à jamais, dans chacune de ses demandes, la saveur divine qui lui vient des lèvres du Seigneur (1). Dès la toute première heure de l’Église, elle a sa place privilégiée dans la prière chrétienne privée : la Didaché prescrit à chacun de la réciter trois fois par jour, le matin, à midi et au soir, aux heures traditionnelles de la prière juive. Elle a sa place aussi dans la prière publique primitive (2) ; et de nombreux documents mentionnent sa récitation solennelle aux offices avant N. B. Père et de son temps (3). Le concile de Girone de 517 avait décrété : Ut omnibus diebus, post matutinas et vespertinas, Oratio dominica a sacerdote proferatur (4). Saint Benoît demande lui aussi que nul office (5) de Matines et de Vêpres n’ait lieu sans qu’à la fin l’Oraison dominicale soit récitée en entier par le président de l’assemblée, tous les moines prêtant l’oreille.
(1) Cass., Conlat. IX, xviii sq.
(2) Cf. Fr. H. Chase, The Lord’s prayer in the early Church, dans la collection Texts and Studies de J. Armitage Robinson.
(3) Voir, par exemple, la description d’un office au Mont-Sinaï dans un document du sixième siècle publié par D. Pitra, Juris eccles. Graecorum hist. et monum., t. I, p. 220.
(4) Can. x. Mansi, t. VIII, col. 550.
(5) Agenda signifie un office, une portion de l'Œuvre de Dieu.
p. 186 Aux paroles du Pater qui sont citées par la Règle et à l’explication fournie par N. B. Père lui-même nous reconnaissons bien le motif spécial de cette récitation conventuelle. Sans doute il y avait une opportunité singulière, alors que des traces de pélagianisme subsistaient encore un peu partout, à provoquer dans les âmes un examen de conscience, un désaveu et un regret, à les faire s’appuyer sur Dieu seul pour échapper au mal et à la tentation (6) ; mais saint Benoît poursuit un autre but. Même dans les communautés les plus fraternellement unies, il peut se produire, sans malice souvent, et par le fait seul de la diversité des tempéraments, de petites meurtrissures. Et les meurtrissures, même petites, lorsqu’on y touche par la pensée ou la parole, s’endolorissent et s’enveniment. Elles s’effacent au contraire, les épines de scandale qui germent parfois dans les monastères, selon l’image de saint Benoît, disparaissent, lorsque nous puisons dans la bonté de Dieu envers nous un motif surnaturel d’exercer notre charité envers le prochain. La demande du Pater : Dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus, est un engagement réciproque, une stipulation que nous faisons avec le Seigneur (sponsio) (1) ; au lieu d’imiter ces chrétiens dont parle Cassien : Cum in ecclesia haec oratio ab universa plebe concinitur, hunc locum taciti praetermittunt, ne scilicet semetipsos obligare... videantur (2), les enfants de saint Benoît doivent s’approprier les paroles divines, se laisser citer en jugement (convenire) et corriger par elles : ils prononcent leur propre condamnation s’ils ne se pardonnent pas mutuellement et ne se remettent pas d’accord (autre sens de convenire).
(6) Cf. S. Aug., Epist. CLVII, CLXXVI, CLXXVIII. P. L., XXXIII, 674, 762, 772.
(1) Adjunxit plane et addidit (Dominus) legem, certa nos conditione et sponsione constringens, ut sic nobis dimitti debita postulemus secundum quod et ipsi debitoribus nostris dimittimus, scientes impetrari non posse quod pro peccatis petimus, nisi et ipsi circa debitores nostros paria fecerimus (S. Cypriani De Orat. Domin., xxiii. P. L., IV, 535).
(2) Conlat. IX, xxii.
p. 187 Cette récitation solennelle de toute l’Oraison dominicale n’aura lieu qu’au commencement du jour et à la fin. Aux autres offices, ceteris vero agendis, on ne dira à haute voix que les dernières paroles seulement : Et ne nos inducas in tentationem, de façon à ce que tous répondent : Sed libera nos a malo. Même sous cette forme réduite, on aura pu mettre son âme d’accord avec la pensée de Dieu et grouper dans une même prière les intentions de tous.
ut conventi, per ipsius Orationis sponsionem qua dicunt: Dimitte nobis sicut et nos dimittimus, purgent se ab hujusmodi vitio.
damit sich die Brüder, verpflichtet durch ihr Gebetsversprechen "Vergib uns, wie auch wir vergeben", von derlei Fehlern reinigen.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 13.13
col.449 Ut conventi.] Id est persuasi vel attracti, inquit Smaragdus, vel ut dicit Hildemarus : « Conventi, id est victi, fracti, superati, compulsi. » Vel tandem, ut ait Menardus : « Conventi, id est interpellati, nempe per orationis pactum et sponsionem ; nam convenire est interpellare, » quod probat auctoritate Nonii Marcelli c. 4.
col.449 Per ipsius orationis sponsionem, etc.] Id est pactum quod Deus nobiscum, et nos cum Deo quasi fecisse dicimur, ut ipse dimittat nobis si dimiserimus, non dimittat si non dimiserimus. Hic respexisse videtur S. Benedictus ad eos qui, ut dicebat modo abbas Isaac apud Cassianum, cum dominica oratio ab universa plebe concineretur, locum hunc taciti prætermittebant, ne semetipsos obligare potius quam excusare sua professione videretur.
col.450 Porro circa hanc orationis dominicæ petitionem notandum, quod Pelagiani, qui se justos existimabant, orationem quidem dominicam recitabant ; sed hanc petitionem, Dimitte nobis debita nostra non pro se, sed pro aliis dicebant ; aut, si dicebant, tantum humilitatis causa ; quos ideo damnavit concilium Milevitanum seu potius Carthagin. can. 7 et 8, et merito quidem : quis enim justificabitur in conspectu Domini vivens ? « Quotidie vel cogitatione, vel verbo delinquimus, inquiunt Patres concil. Toletani iv, can. 9; quotidie hanc orationem effundere in conspectu Dei debemus. Quisquis ergo sacerdotum vel subadjacentium clericorum hanc orationem dominicam quotidie aut in publico, aut in privato officio præterierit, propter superbiam judicatus honoris sui ordine privetur. » Vide S. Aug. epist. 157, 176, 178, novæ editionis.
col.450 Purgent se ab hujusmodi vitio.] Scilicet rancoris, iracundiæ, dissidii, contentionis, sicuti locum istum explicat Hincmarus Rhemensis episcopus ad Rotrudem sic scribens (Apud Flodoard. l. iii Hist. Rhem., cap. 27) : « Scitis quia Regula quam professæ estis, propter scandalorum spinas, quæ oriri in monasterio solent, orationem dominicam in matutinis et vespertinis officiis, ita ut omnes illam audiant, a priore orari præcipit, ut timentes convenientiam qua dicimus : Dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris, omnem rancorem de corde nostro pellamus. » Duabus porro de causis orationem dominicam alta voce decantari voluisse S. Benedictum post Hildemarum docet Durandus (Lib. iii Ration., cap. 5), scilicet propter simplices, et astutos. Propter simplices, ut audientes orationem dominicam, illam memoria retineant : sed hanc rationem merito refellit Haeftenus l. vii, tract. 8, disq. 3. Propter astutos, qui si taciti orationem dominicam recitarent, petitionem de dimittendis peccatis prætermitterent, ne forte duplici se vinculo ligarent.
Cæteris vero agendis ultima pars ejus Orationis dicatur, ut ab omnibus respondeatur: Sed libera nos a malo.
Bei den anderen Gebetsstunden soll aber nur der Schluß des Vaterunsers laut vorgebetet werden, so daß dann alle antworten "Sondern erlöse uns vom Übel".
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 13.14
col.450 Cæteris vero agendis.] Id est horis canonicis.
col.450 Ultima pars ejus orationis dicatur, ut ab omnibus respondeatur, Sed libera nos a malo.] Solis matutinis vespertinisque horis orationem dominicam alte pronuntiari voluit, quia nec oriri, nec occidere solem super iracundiam nostram desiderabat.
Lateinischer Text: Ausgabe von Hunter Blair, The Rule of St. Benedict, Fort Augustus 1906, ohne die Bibelverweise in eckigen Klammern und die Anmerkungen des Herausgebers. Übliche Verszählung. · Übersetzung von P. Pius Bihlmeyer OSB († 1931), Bibliothek der Kirchenväter, 1914. Gemeinfreier Text in Frankreich (Art. L123-1 des französischen Gesetzbuchs über geistiges Eigentum). Abschrift und Durchsicht: Abbatia Sancti Petri de Curte. Fehler melden