Die Regel des heiligen Benedikt
Kapitel 18
Quo ordine ipsi Psalmi dicendi suntIn welcher Reihenfolge diese Psalmen zu beten sind
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Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 18
p. 203 SELON QUEL ORDRE IL FAUT DIRE LES PSAUMES
p. 203 Nous savons le nombre des Heures et le dessin de chacune d’elles ; saint Benoît consacre enfin ce long chapitre à distribuer le Psautier entre toutes ces Heures de jour et de nuit. Laissant de côté les Laudes, dont la psalmodie a déjà été réglée au chapitre XIII, il détermine successivement la psalmodie de Prime, des trois Heures suivantes, des Vêpres, des Complies ; ces offices réclamant pour la plupart un choix spécial de psaumes, il est bon de commencer par eux ; les Vigiles se partageront les psaumes qui restent. Pour établir la psalmodie de chacune des Heures, saint Benoît en suit naturellement le développement tout le long de la semaine et, comme il est normal aussi, à partir du dimanche. Le principe qui préside à cette distribution du Psautier est de l’épuiser en une semaine ; il en va de même dans la liturgie romaine ; l’ambrosienne y consacre deux semaines. Pour réaliser son dessein, N. B. Père doit adopter diverses combinaisons qui donnent à son système psalmodique un caractère un peu compliqué et tourmenté. Il lui faut tenir compte, en effet, et de l’attribution traditionnelle de certains psaumes à telle ou telle Heure, et des attributions qu’il se propose lui-même de faire, par exemple pour les petites Heures.
p. 203 Nous pouvons, pour nous fixer quelques points de repère, reconnaître que la sainte Règle divise en trois parts la masse des cent cinquante psaumes. Une première portion, qui va du ier au xixe inclusivement, est affectée, sauf trois exceptions, à Prime, sur semaine. Une seconde, qui va du xxe au cviiie, fournit, sauf également trois exceptions, la psalmodie des Vigiles et des Laudes. A la dernière, qui va du cixe jusqu’au cxlviie, N. B. Père emprunte la psalmodie des Vêpres, celle des petites Heures du dimanche, celle de Tierce, Sexte et None, aux autres jours de la semaine.
In primis dicatur Versus: Deus in adjutorium meum intende, Domine ad adjuvandum me festina, et Gloria. Inde hymnus uniuscujusque Horæ.
Zuerst werde der Vers gebetet: „Gott merk' auf meine Hilfe, Herr eile mir zu helfen“ und „Ehre sei dem Vater“, dann folge der Hymnus einer jeden Hore.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.1
col.469 In primis semper diurnis horis dicatur versus Deus in adjutorium, etc.] Ab hoc versiculo omnes, sive diurnas, sive nocturnas horas S. P. Benedictus incipit; cum tamen clerici, uti observat Boherius, tribus modis horas suas soleant incipere; idque ut triplici quod vulgo committitur occurratur peccato ; nempe vigilias nocturnas a versu Domine, labia mea aperies contra peccata oris; completorium a versu Converte nos contra peccata cordis ; reliquas horas a versu Deus, in adjutorium contra peccata operis.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 18.1
p. 203 Quo ordine Psalmi dicendi sunt. — In primis, semper diurnis Horis dicatur Versus : Deus in adjutorium meum intende, Domine ad adjuvandum me festina, et « Gloria ». Inde Hymnus uniuscujusque Horae.
p. 204 Ces quelques lignes reviennent brièvement sur l’introduction ordinaire à la psalmodie, aux Heures de jour, c’est-à-dire à Prime et aux trois Heures suivantes. Les meilleurs manuscrits n’ont pas les mots : semper diurnis Horis; néanmoins il ne saurait être question ici de toutes les Heures de jour et de nuit indistinctement, parce que la présence du verset Deus à l’office de nuit et à celui du matin n’est pas prouvée ; et surtout parce que « l’hymne propre à chaque Heure » précède la psalmodie aux Vigiles et aux petites Heures seulement.
Deinde prima hora Dominica, dicenda sunt quatuor capitula Psalmi centesimi octavi decimi.
Hierauf kommen am Sonntag zur Prim vier Abschnitte des 118. Psalmes,
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.2
col.469 Prima hora dominica dicenda quatuor capitula psalmi centesimi octavi decimi.] Octonarios psalmi cxviii S. Benedictus capitula appellat; Cassianus, l. ii, c. 11, intercisiones ; Amalarius, l. iv de Eccl. Off., c. 29, repetitiones ; Petrus Damiani, opusc. 1, cap. 5, incisiones. Huic psalmo dominica ad primam Symbolum S. Athanasii vulgo appellatum , quod Eusebio Vercellensi nonnulli ascribunt, adjicimus ; illudque quotidie recitant monachi Carthusienses ex nova collectione Statutor., part. i, cap. 13, n. 12 ; olimque in aliquibus ecclesiis singulis diebus cantabatur, ex Honorio Augustod., l. ii de Gemma animæ , cap. 59. De hoc Symbolo vide quæ diximus in l. i de Antiquis monachorum Ritibus, cap. 4.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 18.2-18.3, 18.2-18.13
p. 204 Deinde Prima hora, Dominica, dicenda sunt quatuor capitula Psalmi centesimi octavi decimi. Reliquis vero Horis, id est, Tertia, Sexta, et Nona, terna capitula supradicti Psalmi centesimi octavi decimi dicantur.
p. 204 Saint Benoît donne tout d’abord une situation de privilège au psaume cxviii. On voit bien par les commentaires des Pères, Origène, saint Hilaire, saint Ambroise, saint Augustin, que le plus long des psaumes était considéré aussi comme le plus riche en doctrine et le plus profond : ils y voyaient un incomparable programme de vie chrétienne. Nous savons qu’il est alphabétique : huit versets ou distiques de suite commencent par la même lettre de l’alphabet hébreu ; et comme il y a dans cet alphabet vingt-deux lettres, le psaume est composé de vingt-deux strophes ou octonaires, que N. B. Père appelle capitula. Son intention est de les répartir entre toutes les petites Heures du dimanche et les trois dernières du lundi, soit entre sept Heures ; vingt et un octonaires y sont consacrés, puisque la psalmodie de ces Heures comprend normalement trois psaumes ou fragments de psaumes. Et plutôt que de laisser en détresse, le lundi, l’unique octonaire qui restait, saint Benoît a préféré donner quatre capitula à Prime du dimanche.
p. 205 Ad Tertiam vero, et Sextam, et Nonam secundae feriae novem capitula, quae residua sunt de centesimo decimo octavo Psalmo, ipsa terna capitula per easdem Horas dicantur. Expenso igitur Psalmo centesimo octavo decimo duobus diebus, id est, Dominica et secunda feria, tertia feria jam ad Tertiam, Sextam, vel Nonam psallantur terni Psalmi, a centesimo nono decimo usque ad centesimum vigesimum septimum, id est, Psalmi novem. Quique Psalmi semper usque ad Dominicam per easdem Horas itidem repetantur (Hymnorum nihilominus, Lectionum vel Versuum dispositione uniformi cunctis diebus servata), et ita scilicet, ut semper Dominica a centesimo octavo decimo incipiatur.
p. 206 Pour Tierce, Sexte et None du lundi, les neuf derniers octonaires du psaume cxviii ont été tenus en réserve. Aux mêmes Heures, depuis le mardi jusqu’au dimanche suivant, on dira chaque jour les neuf psaumes qui suivent immédiatement le cxviiie, à raison de trois pour chaque Heure. Ce sont les premiers des quinze psaumes graduels. Leur brièveté surtout les désigne au choix de saint Benoît ; comme nous le disions naguère, ils conviennent très bien à des Heures qui ont chance d’être récitées de mémoire, sur le lieu même du travail. On répétera donc régulièrement ces neuf psaumes tous les jours, et aux Heures auxquelles chacun d’eux a été attribué une fois pour toutes ; et on fera ainsi jusqu’au dimanche ; mais, arrivés là, on reprendra toujours la psalmodie des petites Heures au psaume cxviii.
p. 206 Les mots Hymnorum nihilominus... servata forment une parenthèse, à côté de laquelle les commentateurs passent assez régulièrement sans en rien dire. Ceux qui ont consenti à en parler le font d’une façon insuffisante. Nihilominus est une particule adversative ; elle introduit une exception, une opposition : entre quels éléments a lieu cette opposition? Saint Benoît vient de dire que chaque jour et aux mêmes Heures on répète les mêmes psaumes : or, il semble de prime abord que dans la parenthèse, et en dépit du « néanmoins », c’est d’une disposition analogue qu’il s’agit pour les hymnes, leçons et versets : « ils garderont tous les jours une affectation uniforme » : où est l’opposition? Peut-être devons-nous être plus attentifs à la pensée et à l’intention de saint Benoît qu’à leur expression matérielle ; en écrivant cette phrase, il rappelait des usages liturgiques bien connus de tous, et il n’a pas songé que son explication, qui a pourtant le dessein d’être claire, paraîtrait très énigmatique aux commentateurs futurs. Peut-être aurions-nous mieux compris le nihilominus s’il eût été rejeté à la fin de la phrase ; car voici, semble-t-il, la pensée de N. B. Père. Il lui a fallu noter que les neuf psaumes graduels se diraient aux mêmes Heures de Tierce, Sexte et None, chaque jour, mais depuis le mardi seulement jusqu’au dimanche, puisque le dimanche, à toutes ses petites Heures, bénéficie d’une psalmodie spéciale, empruntée au psaume cxviii et que le lundi lui-même, s’étant pourvu, à Prime, ailleurs que dans ce psaume, y a cependant recours pour les trois Heures suivantes. Ce sont là bien des variations, bien des changements ; et c’est à toute cette complication que saint Benoît oppose la disposition des hymnes, leçons et versets, laquelle demeure uniforme tous les jours, cunctis diebus (1). A Tierce du mardi, par exemple, ce sont les mêmes hymne, leçon et verset que le lundi et le mercredi. Dans notre liturgie actuelle, les choses se passent ainsi, sauf le dimanche et les fêtes, où leçons et versets sont différents.
(1) Voir Martène, qui cite les explications d’Hildemar et de Boherius : c’est, selon eux, la quantité, le nombre des hymnes, leçons et versets des Heures de chaque jour qui demeure identique. Selon nous, l’uniformité porterait plutôt sur la qualité. — D’autres pensent que la parenthèse n’introduit pas forcément une opposition entre le régime des hymnes, leçons et versets et le régime de la psalmodie ; que nihilominus signifie soit « d’ailleurs, aussi bien », soit « non moins, de même ». Saint Benoît ferait remarquer simplement, et pour préciser au besoin sa réglementation des petites Heures, que non seulement les psaumes dont il vient de parler sont les mêmes jusqu’au dimanche, mais que, tous les jours, il y a uniformité dans l’ordonnance, le dispositif des hymnes, leçons et versets ; on observera tous les jours ce qui a été réglé ailleurs pour ces éléments secondaires des Heures : même nombre, même agencement des éléments, réserve faite de leur qualité, dont saint Benoît ne dit rien. Cette remarque aurait le même caractère que celle par où débute le chapitre et la compléterait.
Reliquis vero Horis, id est, Tertia, Sexta, vel Nona, terna capitula suprascripti Psalmi centesimi octavi decimi dicantur.
bei den anderen Horen, also bei der Terz, Sext und Non, nehme man je drei Abschnitte desselben 118. Psalmes.
Ad Primam autem secundæ feriæ dicantur tres Psalmi, id est, primus, secundus, et sextus.
Am Montag bete man zur Prim drei Psalmen, nämlich den ersten, dritten und sechsten,
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.4, 18.4-18.5
col.469 Ad primam autem secundæ feriæ dicantur tres psalmi id est primus, secundus et sextus.] « Prima monachorum , inquit Petrus Damiani (Opusc. 10, cap. 3), præter dominicam diem convenienter a capite videtur inchoare Psalterii, ut eum libri principio apte concordet diei quoque nascentis origo. »
col.470 Et ita per singulos dies ad primam usque ad dominicam dicantur per ordinem terni psalmi , etc.] De instituto toto hoc capite a S. Benedicto ordine plura digessit Amalarius in Supplemento, tom. II Analect., quod si lubet consule. Quare autem adeo celebratum a clericis psalmum cxviii S. Pater ad primam quotidie decantari non præceperit, has Haeftenus rationes sive conjecturas affert ( Lib. vii, tract. 7, disq. 3) : « Prima, quod pulcherrimum psalmum, ut pluris fieret, noluerit quotidie repeti, sicut pretiosiora ornamenta non ponuntur in dies. Secunda, vitare voluerit illud, quod ex repetitione subnasci posset fastidium , et nonnulla esset hic variatio. Tertia, hoc pacto psalmodiam fecerit breviorem. » Fuit nihilominus etiam hic psalmus a monachis celebratus, ut videre est in Vita S. Benedicti Anianensis ; et Wetino monacho inter alia ab Angelo commendatus, ex ejus visione, n. 4, sæc. iv, part. i.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 18.4-18.6
p. 204 Ad Primam autem secundae feriae dicantur tres Psalmi, id est, primus, secundus, et sextus. Et ita per singulos dies ad Primam, usque ad Dominicam dicantur per ordinem terni Psalmi, usque ad nonum decimum Psalmum; ita sane, ut nonus Psalmus et septimus decimus partiantur in binas « Glorias ». Et sic fiat, ut ad Vigilias Dominica semper a vigesimo incipiatur.
p. 205 Nous sommes toujours à Prime, mais le lundi. Plutôt qu’à Prime, Tierce et Sexte, c’est à Tierce, Sexte et None de ce même jour que saint Benoît demande de se partager les neuf derniers octonaires du psaume cxviii : car, s’il fallait commencer à None la fixation de la psalmodie des trois dernières petites Heures sur semaine, cela créerait, dans l’exposé du moins et le texte législatif, quelque complication. Il s’agit donc, dès maintenant, de pourvoir à la psalmodie de Prime pendant la semaine ; saint Benoît l’emprunte tout simplement au début du Psautier. Prime du lundi aura les ier, iie et vie psaumes, le iiie étant réservé pour le commencement de l’office de nuit, le ive étant le premier de Complies, et le ve ayant été consacré par l’usage aux Laudes du lundi.
p. 205 Chacun des autres jours, jusqu’au dimanche, on prend trois psaumes à la suite. Mais comme le ixe et le xviie sont plus étendus et qu’on n’a pas le loisir, à cette heure matinale, d’une longue psalmodie, on les partage en deux, et on fait suivre chaque portion du Gloria. De la sorte, on sera en mesure de commencer régulièrement les Vigiles du dimanche au psaume xx. Cet usage de sectionner les psaumes existait chez les anciens, par exemple, selon Cassien, chez les moines d’Égypte (1).
(1) Inst., II, xi.
Et ita per singulos dies ad Primam, usque Dominicam, dicantur per ordinem terni Psalmi, usque nonumdecimum Psalmum; ita sane, ut nonus Psalmus et septimus decimus partiantur in binas Glorias.
und nehme dann in der gleichen Weise an den anderen Tagen bis zum Sonntag zur Prim jedesmal drei Psalmen der Reihe nach bis zum 19. Psalm; doch zerlege man den 9. und 17. Psalm in zwei Teile.
Et sic fiat, ut ad Vigilias Dominica semper a vigesimo incipiatur.
So kommt es, daß man bei den Metten am Sonntag immer mit dem 20. Psalm beginnt.
Ad Tertiam vero, Sextam, Nonamque secundæ feriæ novem capitula, quæ residua sunt de centesimo octavo decimo Psalmo, ipsa terna capitula per easdem Horas dicantur.
Zur Terz, Sext und Non nehme man am Montag die neun noch übrigen Abschnitte des 118. Psalmes, je drei in jeder Hore.
Expenso ergo Psalmo centesimo octavo decimo duobus diebus, id est, Dominico et secunda feria,
Ist so der 118. Psalm auf die beiden Tage, Sonntag und Montag, verteilt,
tertia feria jam ad Tertiam, Sextam, vel Nonam psallantur terni Psalmi, a centesimo nono decimo usque centesimum vigesimum septimum, id est, Psalmi novem.
dann werden am Dienstag zur Terz, Sext und Non je drei Psalmen vom 119. bis zum 127., mithin neun Psalmen, gebetet.
Quique Psalmi semper usque Dominicam per easdem Horas itidem repetantur: hymnorum nihilominus, lectionum vel versuum dispositione uniformi cunctis diebus servata,
Diese Psalmen wiederhole man in gleicher Weise jedesmal bei diesen Horen bis zum Sonntag; doch bleibe die Ordnung der Hymnen, Lesungen und Versikel für alle Tage die gleiche.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.10
col.470 Quique psalmi semper usque ad dominicam per easdem horas itidem repetantur, hymnorum nihilominus, lectionum , vel versuum dispositione uniformi cunctis diebus servata.] « Quantum ad numerum, inquit Boherius, quia quantum ad qualitatem aliquoties talia immutantur. » « Ac si diceret, addit Hildemarus, quot psalmos, quot hymnos, quot versus, quot lectiones in uno die dico, tot dico in alio. » Ex quibus, maxime ex Boherii testimonio , apparet mutatos olim ad minores diei horas canonicas hymnos pro varietate temporum ac festorum, id quod observant etiam nunc Cistercienses ad tertiam et completorium , teste cardinali Bona ( De Divin. Psalm. cap. 18, § 4).
et ita scilicet, semper Dominica a centesimo octavo decimo incipiatur.
So fängt man am Sonntag immer mit dem 118. Psalm an.
Vespera autem quotidie quatuor Psalmorum modulatione canatur.
In der Vesper werden täglich vier Psalmen gesungen,
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.12
col.471 Vespera autem quotidie quatuor psalmorum modulatione canatur.] Id est dulci decantatione , ut loquitur Boherius : nam modulatio est cantus dulcedo ; quæ quidem modulatio debet fieri secundum tonum præincœptæ antiphonæ competentem.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 18.12-18.19
p. 207 Vespera autem quotidie quatuor Psalmorum modulatione canatur. Qui Psalmi incipiantur a centesimo nono usque ad centesimum quadragesimum septimum : exceptis iis qui in diversis Horis ex eis sequestrantur, id est, a centesimo decimo septimo, usque ad centesimum vigesimum septimum, et centesimo trigesimo tertio, et centesimo quadragesimo secundo. Reliqui omnes in Vespera dicendi sunt. Et quia minus veniunt tres Psalmi, ideo dividendi sunt qui in numero suprascripto fortiores inveniuntur : id est, centesimus trigesimus octavus, et centesimus quadragesimus tertius, et centesimus quadragesimus quartus. Centesimus vero sextus decimus quia parvus est, cum centesimo quinto decimo conjungatur. Digesto ergo ordine Psalmorum vespertinorum, reliqua, id est, Lectiones, Responsoria, Hymni, Versus, vel Cantica, sicut supra taxavimus, impleantur.
p. 207 Nous passons aux Vêpres. Pendant sept jours, à raison de quatre psaumes chaque jour, les Vêpres réclament vingt-huit psaumes. La liturgie bénédictine, comme la romaine et l’ambrosienne, fait commencer la série des psaumes vespéraux au cixe. C’est dans cette dernière portion du Psautier que se trouve le psaume traditionnel du Lucernaire, le cxle, choisi à cause de son verset : Dirigatur oratio mea... A partir du dimanche, on prendra, dit saint Benoît, depuis le psaume cix jusqu’au cxlviie inclusivement, les trois derniers numéros du Psautier formant les laudes de chaque jour. Trente-huit psaumes, ce serait beaucoup plus qu’il ne nous faut, si quelques-uns ne se trouvaient pas réservés pour d’autres Heures : le cxviie appartient aux Laudes du dimanche ; le cxviiie et les neuf premiers psaumes graduels ont l’attribution que nous savons ; le cxxxiiie est le dernier de Complies ; le cxliie est le deuxième psaume des Laudes du samedi. Le cxvie, à cause de sa brièveté, est réuni au cxve. Mais voici que maintenant nous avons trois psaumes de moins qu’il ne faudrait : on devra donc partager en deux les psaumes les plus longs de la série vespérale : le cxxxviiie, le cxliiie et le cxlive.
p. 208 Digesto ergo... Encore une petite phrase qui n’aurait pas dû échapper à la sagacité des commentateurs. Il semble que cette remarque soit parallèle à celle qui terminait le paragraphe précédent ; et, pourtant, il est permis d’hésiter à lui donner une interprétation identique à celle que nous proposions alors. Si le parallélisme est complet et dans le sens que nous disions, nous traduirons ainsi : voilà donc combiné l’ordre des psaumes de Vêpres ; ils sont nouveaux chaque jour ; néanmoins tout le reste, leçon, répons, hymne, verset, cantique (1), est exécuté comme nous l’avons réglé plus haut, au paragraphe précédent, c’est-à-dire demeure inchangé toute la semaine. Mais, alors, l’hymne des Vêpres, pour ne rien dire des autres pièces liturgiques, était toujours la même? Historiquement, cela n’a rien d’impossible (2). Saint Benoît parle des hymnes propres à chacune des petites Heures ; mais il ne dit nulle part que l’ambrosien des Vêpres varie chaque jour, pas plus d’ailleurs que les hymnes des Vigiles, des Laudes et de Complies. Aussi bien, il ne détermine dans sa Règle que l’office dominical et férial : le peu qu’il a dit des fêtes ne nous permet même pas de conjecturer qu’elles jouissaient d’hymnes propres. Mais peut-être, après tout, la remarque que fait ici N. B. Père n’a-t-elle que le dessein de rappeler en passant, et à propos de l’ordonnance psalmodique des Vêpres, la composition du reste de l’office : on dira la leçon, le répons, l’hymne, le verset, le cantique, comme nous l’avons réglé plus haut, c’est-à-dire au chapitre XVII (3).
(1) Il faut en effet lire au singulier.
(2) Étudier sur ce point les cursus de S. Césaire et de S. Aurélien.
(3) N’est-ce pas une explication analogue à celle que signalait la fin de la note de la page 206? Sans doute. Mais alors qu’ici l’explication ne fait pas violence au texte, il y a dans la parenthèse Hymnorum... des expressions comme nihilominus, dispositione uniformi, qui s’y prêtent mal. Les deux passages semblent réellement assez différents.
Qui Psalmi incipiantur a centesimo nono usque centesimum quadragesimum septimum:
angefangen vom 109. bis zum 147.
exceptis iis, qui in diversis Horis ex eis sequestrantur, id est, a centesimo septimo decimo, usque centesimum vigesimum septimum, et centesimo trigesimo tertio, et centesimo quadragesimo secundo.
Dabei werden die Psalmen ausgenommen, die schon für einzelne Gebetszeiten eigens bestimmt sind, nämlich Psalm 117 bis 127, ferner Psalm 133 und 142;
Et quia minus veniunt tres Psalmi, ideo dividendi sunt, qui ex numero supradicto fortiores inveniuntur: id est, centesimus trigesimus octavus, et centesimus quadragesimus tertius, et centesimus quadragesimus quartus.
Da hierbei drei Psalmen fehlen, so werden von den obengenannten jene geteilt, die zu lang sind, also Psalm 138, 143 und 144.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.16
col.471 Et quia minus veniunt tres psalmi , ideo dividendi sunt, qui in numero suprascripto fortiores inveniuntur.] Id est longiores , aut prolixiores, vel majores, inquit Boherius. Hanc porro psalmorum dividendorum consuetudinem S. Benedictus ab Ægyptiis monachis accepit, qui, ut refert Cassianus ( Lib. ii, cap. 11), psalmos « pro numero versuum duabus vel tribus intercisionibus, cum orationum interjectione divisos distinctim particulatimque consummabant. » Hujusmodi etiam divisiones præscripsit concilium Narbonense anni 589 (Can. 2).
Centesimus vero sextus decimus, quia parvus est, cum centesimo quinto decimo conjungatur.
Der 116. Psalm werde seiner Kürze halber mit dem 115. zusammengenommen.
Digesto ergo ordine Psalmorum Vespertinorum, reliqua, id est, lectiones, responsoria, hymni, versus, vel cantica, sicut supra taxavimus, impleantur.
Damit sind die Psalmen der Vesper bestimmt. Für das übrige, Lesung, Responsorium, Hymnus, Versikel und Lobgesang gilt das gleiche, wie wir es oben bestimmt haben.
Ad Completorium vero quotidie iidem Psalmi repetantur; id est quartus, nonagesimus, et centesimus trigesimus tertius.
Zur Komplet werden jeden Tag dieselben Psalmen gebetet, nämlich Psalm 4, 90 und 133.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.19
col.471 Ad completorium vero iidem psalmi repetantur quotidie , id est quartus, nonagesimus , et centesimus trigesimus tertius.] Utpote nocturno tempori magis competentes.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 18.19
p. 208 Ad Completorium vero quotidie iidem Psalmi repetantur : id est, quartus, nonagesimus, et centesimus trigesimus tertius.
p. 208 A Complies, chaque jour ramène les mêmes psaumes : le ive : Cum invocarem, le xce : Qui habitat, et le cxxxiiie : Ecce nunc benedicite Dominum. Nous remarquons qu’ici saint Benoît ne parle plus des formules qui suivent la psalmodie ; on ne saurait d’ailleurs rien conclure de ce silence pour la solution de nos petits problèmes.
Disposito ordine Psalmodiæ diurnæ, reliqui omnes Psalmi, qui supersunt, æqualiter dividantur in septem noctium Vigilias,
Damit ist die Ordnung der Psalmen für die Gebetszeiten untertags gegeben; alle noch übrigen Psalmen sollen gleichmäßig auf die sieben Metten verteilt werden.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.20
col.471 Disposito ordine psalmodiæ diurnæ , reliqui omnes psalmi , qui supersunt, æqualiter dividantur. . . . Et duodecim per unamquamque constituantur noctem.] Cujus instituti rationem hanc reddit Petrus Damiani (Opusc. 10 , cap. 6) : « Quoniam ad continuæ orationis instantiam excitat nos evangelica tuba dicens : Quia oportet semper orare et nunquam deficere ; et Apostolus : Sine intermissione orate ; ut hoc non solum in die, sed et in nocte præceptum evangelica impleat disciplina, diligentissime procuratum est, ut duodenis psalmis nocturnæ vigiliæ transigantur. Durum quippe fuerat, ut ægroti, sive prægnantes , ac quælibet ætatum sexuumve diversitas , sicut in die, per nocturna quoque horarum intervalla consurgeret , atque ad ecclesiam festinaret. Ut ergo laborem ecclesiæ magistra discretio temperaret, exquisitum atque altioris consilii dispensatione statutum , ut juxta nocturnarum horarum numerum, nihilominus ad vigilias duodenus decurreret ordo psalmorum ; ut quodammodo tota nox in oratione videretur expensa, dum totidem psalmos orando persolveret , quot videlicet horis et ipsa constaret. »
col.471 Notat porro Hildemarus quosdam olim , hujus occasione textus : Duodecim psalmi per unamquamque constituantur noctem , aliquo præoccupatos impedimento, v. g. existentes in via, illis in vigiliis quibus prolixiores occurrunt psalmi , hos in breviores mutare voluisse, dicendo, v. g., psalmos graduales, etiam se hoc audere asserentes juxta Regulæ præceptum, scribentis : Duodecim psalmi per unamquamque constituantur noctem. Sed « hi tales, inquit Hildemarus, conveniuntur in eo quod digesto ordine psalmodiæ diurnæ, reliqui omnes psalmi , qui supersunt, æqualiter dividantur in septem noctium vigiliis, partiendo scilicet qui inter eos prolixiores sunt psalmi ; qui cum mutant, non dividunt; et cum non dividunt, transgressores sunt hujus præcepti. »
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 18.20-18.21
p. 209 Disposito ordine psalmodiae diurnae, reliqui omnes Psalmi, qui supersunt, aequaliter dividantur in septem noctium Vigilias, partiendo scilicet qui inter eos prolixiores sunt Psalmi, et duodecim per unamquamque constituantur noctem.
p. 209 Telle sera la psalmodie des offices du jour. Les sept Vigiles nocturnes se partageront tous les autres psaumes, tous ceux qui n’ont pas encore reçu d’affectation. Cette répartition se fera de façon égale, à raison de douze psaumes chaque nuit. Il nous reste la portion du Psautier qui va du xxe au cviiie, soit quatre-vingt-neuf psaumes ; et, puisqu’il nous en faut quatre-vingt-quatre, ce serait trop, si le psaume xciv n’était retenu comme invitatoire, le xce comme second psaume de Complies et douze autres pour les Laudes. Mais, cette soustraction faite, nous sommes en déficit de neuf psaumes : nous nous tirerons d’affaire en divisant « en deux Gloria », comme disait plus haut saint Benoît, neuf des plus longs psaumes. La Règle ne les désigne pas ; ce sont, d’après l’usage bénédictin, les psaumes xxxvi, lxvii, lxviii, lxxvii, lxxxviii, ciii, civ, cv, cvi. C’est au cviiie inclusivement que s’arrête aussi, dans les liturgies ambrosienne et romaine, la psalmodie des Vigiles.
partiendo scilicet qui inter eos prolixiores sunt Psalmi, et duodecim per unamquamque constituantur noctem.
Doch zerlege man dabei die umfangreicheren Psalmen in zwei Teile und bestimme jedesmal zwölf Psalmen für eine Nacht.
Hoc præcipue commonentes, ut si cui forte hæc distributio Psalmorum displicuerit, ordinet, si melius aliter judicaverit,
Vor allem möchten wir betonen, falls diese Verteilung der Psalmen dem einen oder anderen nicht gefällt, mag er sie nach seiner besseren Einsicht ändern,
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.22
col.471 Hoc præcipue commonentes , ut si cui forte hæc distributio psalmorum displicuerit, ordinet si melius aliter judicaverit.] Egregium sane humilitatis exemplum, quod vir omnium justorum spiritu plenus institutum a se cum tanta diligentia ac discretione ordinem alieno subjiciat judicio. Sed « sive causa humilitatis , sive causa concessionis hoc verbum dixit magister noster ; tutius est ut nullus abbas vel monachus illam sibi præsumptionem assumat, quod aliter disponat ipsum ordinem psalmodiæ, quam ipse hic disposuit, qui Spiritu Dei plenus erat, » inquit Bernardus Cassinensis. Et certe si magnum est in S. P. Benedicto humilitatis indicium , quod institutum a se ordinem aliter permittat disponi, non minus superbiæ signum id præsumere : unde nec summi pontifices illum unquam mutare voluerunt, uti observat Walfridus in lib. de Eccl. Rebus, c. 25. Et quia nonnulli novitatum amatores id aliquando præsumpserant, in concilio Aquisgran. anno 802 celebrato statutum est, « ut in monasteriis S. Benedicti Regulam servantibus officium S. Benedicti facerent sicut Regula docet. » Et in altero anni 817, « ut officium quod in Regula S. Benedicti continetur celebrent monachi. » Cujus statuti mentionem facit Chronicon Moisacense his verbis : « Anno tertio Ludovici factum est concilium magnum Aquisgrani in mense Augusto; et præceptum est, ut monachi omnes cursum S. Benedicti cantarent ordine regulari. » Sed et Paulus V, pontifex maximus, qui nostra ætate breviarium pro omnibus sub Regula S. P. Benedicti militantibus instituit, eamdem Psalterii dispositionem illibatam servari voluit; ut merito eos increpet Hildemarus, qui ordinatam a S. Patre psalmorum dispositionem mutare præsumpserant; qua de re etiam queritur Walfridus in lib. de Eccles. Reb., c. 25, quamvis pauci tantum monachi, et non omnes Romanum suscepissent officium, ut constat ex Supplemento Amalarii , ejusdem ætatis scriptoris, qui monachorum officia a clericalibus diversa tum fuisse testatur. Vid. Bened. Haefteni l. vii, tract. 5, disq. 4 et 5. Cæterum observo hic cum Hildemaro et quibusdam aliis verba S. Benedicti solam psalmorum dispositionem tangere , non autem hymnorum, versuum, lectionum, etc.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 18.22-18.25
p. 209 Hoc praecipue commonentes, ut si cui forte haec distributio Psalmorum displicuerit, ordinet, si melius aliter judicaverit, dum omnimodis id attendatur, ut omni hebdomada Psalterium ex integro numero centum quinquaginta Psalmorum psallatur, et Dominico die semper a capite repetatur ad Vigilias : quia nimis iners devotionis suae servitium ostendunt monachi, qui minus Psalterio, cum Canticis consuetudinariis, per septimanae circulum psallunt; cum legamus sanctos Patres nostros uno die hoc strenue implevisse, quod nos tepidi utinam septimana integra persolvamus.
p. 210 Saint Benoît ne se flatte point d’avoir donné la meilleure distribution possible du Psautier. Mais, avec une parfaite humilité et déférence pour la pensée d’autrui, il avertit de façon instante, praecipue, que si quelqu’un de ses successeurs (il ne peut s’agir des simples moines) vient à trouver un ordre qui lui semble préférable, il l’adopte sans scrupule. Alors que les dispositions liturgiques n’avaient pas encore été définitivement consacrées par l’Église, quelques Abbés profitèrent de la licence donnée par N. B. Père. Il fallut que des conciles, comme ceux d’Aix-la-Chapelle de 802 et de 817, rappelassent les communautés monastiques à l’observation pure et simple de la Règle. Même pour la distribution du Psautier, l’œuvre de saint Benoît est fort sage ; s’il y a quelque complication dans l’agencement des psaumes, il faut reconnaître du moins qu’au point de vue de la longueur des offices, toutes les parties sont heureusement balancées et équilibrées (1).
(1) Hæften, l. VII, tract. v, disq. iv et v. — Cf. D. Cabrol, la Réforme du Bréviaire et du Calendrier.
p. 210 Le seul point qui semble essentiel à saint Benoît, et que toute combinaison quelle qu’elle soit devra, par-dessus tout, sauvegarder, c’est que chaque semaine nous épuisions le Psautier entièrement, c’est-à-dire l’intégrité de ses cent cinquante psaumes, pour en recommencer la série tous les dimanches, aux Vigiles. Il est facile de reconnaître ce qui a guidé N. B. Père, ce qui a guidé l’Église romaine : le Souverain Pontife l’a rappelé naguère dans la constitution Divino afflatu. Le Psautier a été créé par Dieu même pour être à jamais le formulaire authentique de la prière. C’est avec ces pensées-là, avec ces accents-là que Dieu a voulu être loué et honoré. Les psaumes traduisent les sentiments les plus profonds, les plus variés, les plus délicats du cœur de l’homme, et répondent à tous ses besoins. Ils ont servi aux justes de l’Ancien Testament, ils ont servi aux Apôtres et aux saints de tous les âges. Mais ils ont erré sur d’autres lèvres encore : ils ont été dits et redits par Notre-Dame et par le Seigneur. Dans les pèlerinages à Jérusalem, le Seigneur et sa Mère et saint Joseph chantaient les psaumes graduels. Certains auteurs ont pensé que le Seigneur récitait le Psautier chaque jour et qu’il n’avait fait, pendant la Passion, que poursuivre sa prière, lorsqu’il dit, élevé en croix : Deus meus, Deus meus, ut quid dereliquisti me, et encore : In manus tuas commendo spiritum meum.
p. 210 Peut-être, au temps de saint Benoît, des moines avaient-ils commencé à réduire leur psalmodie. Dire dans le cours d’une semaine le Psautier avec les cantiques d’usage, c’est là, ajoute-t-il, un minimum de courage, chez ceux qui sont les ouvriers de la prière. Ils feraient vraiment preuve de trop d’inertie et de nonchalance dans le service divin qu’ils ont voué, les moines qui demeureraient en deçà. Alors que nous lisons de nos saints Pères (1) qu’ils remplissaient vaillamment en un jour cette tâche d’un Psautier, puissions-nous du moins, nous autres peu fervents, l’accomplir au cours de la semaine entière. Cette humble remarque de N. B. Père a pour dessein d’encourager ses fils à ne rien diminuer d’un office divin accommodé avec tant de condescendance aux forces de tous, et qui est une sage moyenne : mais elle ne peut vouloir suggérer une dépréciation du cursus qu’il vient d’établir, ni provoquer des initiatives et des modifications indiscrètes. Le nos tepidi de saint Benoît a pourtant excité plus d’une fois l’émulation de certains religieux ou de Congrégations entières ; et les offices se surajoutèrent aux offices. Il va de soi que la dévotion privée peut se donner carrière, sous la guide de l’obéissance ; un disciple de saint Pierre Damien, saint Dominique l’encuirassé, parvint même à réciter douze Psautiers et demi en vingt-quatre heures, tandis qu’il se donnait, à deux mains, la discipline. « Mais ces exemples, conclut D. Calmet, sont plus dignes d’admiration que d’imitation, et la trop grande prolixité des offices a été désapprouvée par plusieurs personnes très judicieuses. »
(1) ... Dixerunt inter se, ut prius ex more complerent orationes et psalmodiam, et postea cibum caperent. Cum autem ingressi fuissent, psallebant, totumque psalterium compleverunt (Verba Seniorum : Vitae Patrum, III, 6. Rosweyde, p. 493).
dum omnimodis id attendatur, ut omni hebdomada Psalterium ex integro numero centum quinquaginta Psalmorum psallatur, et Dominico die semper a capite repetatur ad Vigilias:
wenn er nur dabei in erster Linie darauf sieht, daß allwöchentlich das ganze Psalterium mit seinen hundertfünfzig Psalmen abgebetet werde und daß man am Sonntag jedesmal bei den Metten von vorn anfange;
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.23
col.472 Dum omnimodis id attendatur , ut omni hebdomada Psalterium ex integro numero centum quinquaginta psalmorum psallatur.] Notat hic Bernardus Cassinensis et post eum Boherius S. P. Benedictum absolute non præscripsisse, ut Psalterium integrum , hoc est ut quilibet psalmus omni hebdomada psallatur; sed addidisse, Ex integro numero centum quinquaginta psalmorum ; quia propter occurrentes festivitates aliqui sunt psalmi qui per hebdomadam decantari non possunt, licet a numero psalmorum nunquam rece dendum sit. Ita illi ad suum propositum. Sed brevius et facilius dixisse potuissent , istud S. Benedicti decretum de Psalterio hebdomadatim recitando hypothetice esse intelligendum, posito scilicet quod festa, quæ ejus tempore non ita frequenter occurrebant, non eveniant : quod autem adjecit, ex integro numero centum quinquaginta psalmorum, alio respicere videtur, psalmorumque numerum dedita opera designasse, ne quis supposititios , peregrinos, et apocryphos psalmos interjiceret, juxta concilii Laodiceni can. 59, Non oportet psalmos privatos in ecclesia dici; nam fuerunt olim psalmi sub titulo Salomonis, et quorumdam aliorum , inquit Theodorus Balsamon, quos quidem privatos concilium appellat, quod non essent auctoritate Ecclesiæ recepti. Psalmos et odas Salomonis inter apocryphas scripturas recenset S. Athanasius in Synopsi sacræ Scripturæ : de quibus etiam agit Nicephorus patriarcha. Constantinopolitanus in canone, et collocat inter Scripturas quibus contradicitur. Sed et ipse Athanasius in Synopsi inter Davidicos psalmos mentionem facit centesimi quinquagesimi primi, qui reperitur etiam in antiquis Psalteriis mss. exstatque editus in polyglotta. Multi etiam hæretici psalmos composuerunt, inter quos Hierax, quemadmodum docet S. Epiphanius l. ii Panarii, hæresi 67. Valentinus quoque , ut videre est apud Tertullianum, lib. de Carne Christi. Denique Donatistæ psalmos humano ingenio elaboratos in suis ecclesiis canebant, ut docet S. Augustinus in epist. 55, novæ editionis.
col.472 Ex hoc porro S. Benedicti loco Hildemarus eos qui Benedictinum officium in Romanum mutare præsumunt, ut Regulæ violatores arguit , eo quod non omni hebdomada totum psalterium persolvunt , puta in hebdomada Paschæ et Pentecostes, in quibus Romani solito brevius decantant officium.
quia nimis iners devotionis suæ servitium ostendunt Monachi, qui minus Psalterio, cum Canticis consuetudinariis, per septimanæ circulum psallunt;
denn allzu geringen Eifer zeigen die Mönche in ihrem Gebetsdienst, wenn sie im Lauf einer Woche nicht den ganzen Psalter mit den üblichen Lobgesängen beten,
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.24, 18.24-18.25
col.473 Quia nimis iners devotionis suæ servitium ostendunt monachi.] Imo obligationis; nam quod erat devotionis ante claustri ingressum, obligationis ac debiti evasit post monasticam professionem, ut observat Boherius.
col.473 Qui minus a Psalterio cum canticis consuetudinariis per septimanæ circulum psallunt, cum legamus SS. Patres uno die hoc strenue implesse.] Quod ait uno die non sic capiendum est, quasi semel et uno tantum die Psalterium recitassent, sed cum dicit uno die, inquit Hildemarus, quasi diceret per singulos dies, aut saltem frequenter. Quem SS. Patrum fervorem æmulatos fuisse non paucos reperimus. Ita S. Winwaloeus « ter quotidie quinquagenos psalmos psallebat , modo in crucis figuram, modo flexis genibus. » Ita S. Neotus abbas in Anglia immersus fonti, « solitus erat ad rigoris incrementum totum ex integro Psalterium persolvere. » Idem de S. Aldelmo referunt in ejus Vita, n. 4 (Sæc. iv Bened. , part. ii). Ita Ceolfridus abbas Romam etiam proficiscens, « exceptis canonicis orationum horis, quotidie bis Psalterium ex ordine decantare curavit, » ut scribit Beda in Vita S. Benedicti Biscopi, lib. ii, n. 21. Ita S. Sequanus abbas, ex ejus Vita, n. 2; S. Austrudis abbatissa Laudunensis, ex ejus item Vita, n. 18, nihil cibi aut potus prægustare solebant quin integrum Psalterium recitassent, qua de re etiam laudatur Gervinus abbas Centulensis in Chron. Cent. l. iv, c. 26 (Specil. t. IV). Ita denique S. Maurus, teste Fausto in ejus Vita, S. Albericus, abbas Cisterciensis, teste Henriquez in ejus Vita, n. 3 (Boll. 26 Jan.) , etiam ante vigilias nocturnas sæpe Psalterium percurrebant. Quid integras congregationes commemorem, quibus solemne fuit singulis diebus Psalterium decantasse? id quod de Hoemburgensibus S. Odiliæ sanctimonialibus legimus in ejus Vita, n. 21 : « Evenit et ut quadam die, sicut consuetudo in eodem monasterio erat, scilicet ut quotidie secundum ordinem virium jejunarent, et Psalterium decantarent. » Qualem etiam disciplinam apud omnes S. Romualdi eremitas viguisse discimus ex Hieronymo Camaldul. monacho in sermone de S. Romualdo, n. 67, apud Boll., 7 Februarii: « Convocatis Pater S. Romualdus omnibus et singulis eremitis, docebat eos ut per totum anni circulum tribus diebus in septimana in solo pane et aqua jejunarent, Psalterium cum canticis quotidie dicerent, silentium inviolabiliter servarent, disciplinas flagellorum in cella facerent. » De eremitis quoque Fontis Avellani ita scribit Petrus Damiani (Opusc. c. 14) : « Consuetudo est ut cum duo fratres simul commorantur in cella, duo persolvant in die Psalteria, unum pro vivis, alterum pro defunctis. Et illud quidem quod est vivorum, cum illis dicitur additamentis quæ B. Romualdus apposuit. Quod vero pro defunctis , cum novem lectionibus dicitur; tribus nimirum per quinquagenos psalmos. Qui autem solus moratur, Psalterium quidem vivorum totum per singulos dies adimplet; defunctorum autem sive medium, sive totum, juxta quod virium possibilitas administrat. Horarum autem canonicarum psalmodia omnino, sicut fit in monasterio, ita hic per ordinem tota nihilominus adimpletur. » Sed quod de S. Dominico Loricato refert idem Petrus Damiani omnem pene superat fidem : « Est inter nos qui nonnunquam uno die continuato cum nocte novem Psalteria meditando decurrat; et interim pene semper utraque manu scopis armata nudum corpus afficiat... Hic mihi aliquando fraterna familiaritate conquestus est, quia cum novem sic Psalteria sæpe modulando perficeret, ad decimum nunquam potuerit pervenire. » Denique generalis olim in toto ordine Benedictino usus obtinebat integrum in die Parasceves Psalterium recitandi, uti ostendimus in lib. iii de Antiq. monach. Rit., c. 14.
dumquando legamus, sanctos Patres nostros uno die hoc strenue implevisse, quod nos tepidi utinam septimana integra persolvamus.
während wir doch lesen, daß unsere heiligen Väter in ihrem Eifer an einem Tage das vollbracht haben, was wir in unserer Lauheit doch wenigstens im Lauf einer Woche leisten sollen.
Kommentare Dom Edmond Martène, Mauriner (1690) (auf Latein) 18.25
col.474 Quod nos tepidi utinam septimana integra persolvamus.] Quibus postremis verbis, paternaque increpatione S. Benedictus stimulos addit discipulis, ut aliquid ad solitum suæ devotionis servitium addant : unde satis mirari non possum quosdam monachos, eo quod parvum B. Mariæ officium aliquando recitare cogantur, conqueri, quasi nimis prolixa graventur psalmodia , cum vix ulla olim exstiterit monachorum congregatio, quæ quotidie illud persolvendum non susceperit, tantaque olim apud nostros augendi officii increverit devotio, « ut in quibusdam monasteriis ultra tria in quantitate Psalteria » ad institutum a S. Patre divini operis cursum adjecerint, ut scribit Boherius : quod certe patet ex his quæ retulimus in lib. i de Antiq. monachor. Ritib., c. 2, 3, 4, 9 et 11. Scio equidem aliquos prolixitatem illam in psalmodia non ita probasse, ut sunt Guillelmus abbas S. Theoderici in. epistola ad fratres de Monte Dei, et Petrus Blesensis ad monachum quemdam Carthusianum , quem ad Cluniacenses transire meditantem ita dehortatur (Epist. 86) : « Quid, quæso , dulcedinis aut devotionis invenies apud eos quibus versa est in nauseam numerosa atque confusa iteratio, atque farsura psalmorum. Paulus dicit : Psallam spiritu, psallam et mente. Si psallentibus non adsit devotio , licet eumdem psalmum millies repetant, non est hic psalmus jucunda decoraque laudatio. » Sed postea zeli sui fervorem paulo temperavit, ad M. abbatem de Evesham sic scribens (Ep. 97) : « Fateor quod psalmodiæ prolixitas, si ex devotione procedit, saluberrima est; si acediam habet sociam, occupatio tamen est honesta; si vagos excursus mentis omnino non reprimit, per eam saltem studiis honestioribus assuescit. » Cæterum longe alia erat mens Petri Damiani, cujus unum testimonium sufficere potest ad obstruendum os adversariorum. Ita porro sese explicat ad Cluniacenses monachos scribens (Lib. vi, epist. 5) : « Cum tam districtum atque ferventem sanctæ vestræ conversationis ordinem recolo, non adinventionis humanæ studium, sed S. Spiritus magisterium inesse perpendo : nam tanta est in servandi ordinis continua jugitate prolixitas ; tanta præsertim in ecclesiasticis officiis protelabatur instantia, ut in ipso Cancri sive Leonis æstu, cum longiores sunt dies, vix per totum diem unius saltem vacaret horæ dimidium quo fratribus in claustro licuisset miscere colloquium. Hoc autem tam continui laboris exercitium ad hoc est, ut reor, solerti satis ac provida magisterii arte provisum, ut levium atque infirmorum fratrum fragilitatem reprimat, et delinquendi propemodum occasionem tollat, quatenus, etiamsi velint, præter cogitationem peccare vix possint. Fragilium igitur imbecillitati consulitur, dum in persolvendo continui ordinis penso totum non modo diurni, sed et nocturni temporis spatium profligatur. »
col.474 Antequam caput istud. absolvam, observabo cum Boherio in secundo comm., hujus capitis initio, quosdam olim existimasse S. Patrem Benedictum Gallicano usum esse Psalterio; quod ex iis locis colligebant, quæ S. Pater citat ex Psalterio in Regula, in quibus variæ reperiuntur lectiones quæ non exstant in Romano, bene autem in Gallicano.
Lateinischer Text: Ausgabe von Hunter Blair, The Rule of St. Benedict, Fort Augustus 1906, ohne die Bibelverweise in eckigen Klammern und die Anmerkungen des Herausgebers. Übliche Verszählung. · Übersetzung von P. Pius Bihlmeyer OSB († 1931), Bibliothek der Kirchenväter, 1914. Gemeinfreier Text in Frankreich (Art. L123-1 des französischen Gesetzbuchs über geistiges Eigentum). Abschrift und Durchsicht: Abbatia Sancti Petri de Curte. Fehler melden