L’œuvre de Dieu
La liturgie
La messe selon le missel romain de 1962, dit de saint Pie V, célébrée dans les chapelles de l’abbaye.
« Ergo nihil operi Dei præponatur. »
Règle de saint Benoît, chapitre 43 (traduction de 1689)
Il n’y a donc rien qu’on doive préférer à l’œuvre de Dieu.
Dans les chapelles de l’abbaye, la messe est célébrée selon le missel romain de 1962, avec les rubriques de 1960 : c’est le rite romain traditionnel, codifié par saint Pie V à la suite du concile de Trente. Jusqu’en 2014, les bénédictines ont chanté l’office dans le chœur de la chapelle Saint-Pierre ; l’association a été fondée pour que la prière y reprenne.
Les célébrations
Il n’y a pas encore d’horaire fixe. Les célébrations dépendent de la présence des prêtres et des retraites reçues à la maison Saint-Michel. Pour connaître les prochaines messes, il suffit d’écrire à ac@abbayesaintpierre.org ; les horaires seront donnés ici lorsqu’ils seront réguliers.
Prendre part
Les chapelles sont ouvertes pendant les célébrations. Ceux qui découvrent cette liturgie peuvent suivre la messe dans un missel bilingue, latin et français, et demander comment y prendre part. On peut aussi demander qu’une messe soit célébrée pour un défunt ou à une intention ; l’offrande est libre. Ceux qui peuvent servir à l’autel, chanter, entretenir le linge ou fleurir l’autel sont reçus avec reconnaissance.
La langue latine et le silence
La messe est dite en latin, langue de l’Église romaine. Le concile de Trente a jugé qu’il n’était pas opportun de la célébrer partout en langue vulgaire, tout en demandant aux pasteurs d’en expliquer souvent le sens aux fidèles (session XXII, chapitre 8) ; dans un canon distinct, il a défendu l’usage de dire à voix basse une partie du canon et les paroles de la consécration (canon 9). Le silence du canon est une manière de prier : les fidèles s’unissent en silence à la prière du prêtre.
Le prêtre tourné vers l’autel
Dans cette liturgie, le prêtre et les fidèles se tournent ensemble vers l’autel et la croix, vers l’orient : les autels des chapelles sont tournés vers l’est, d’où l’on attend le retour du Seigneur. Le prêtre se tient en tête du peuple et prie Dieu en son nom, car c’est à Dieu que le sacrifice est offert. Lorsqu’il se retourne, c’est pour dire aux fidèles Dominus vobiscum, ou Orate, fratres : priez, mes frères, pour que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréé.

Ce qu’est la messe
Le concile de Trente enseigne, en sa XXIIe session (17 septembre 1562), que la messe est un sacrifice véritable, dans lequel est rendu présent, de manière non sanglante, le sacrifice de la Croix : la victime est la même, et c’est le même Christ qui s’offre alors par le ministère des prêtres (una enim eademque est hostia). Ce sacrifice est offert pour les vivants et pour les défunts. Auparavant, en sa XIIIe session (11 octobre 1551), le concile avait défini la présence réelle et substantielle du Christ dans l’Eucharistie et la transsubstantiation du pain et du vin en son corps et en son sang.
Les gestes du rite expriment cette foi : l’offertoire, le canon romain, les génuflexions et les signes de croix, le silence et la lumière autour de l’autel.
Lex orandi, lex credendi
Au Ve siècle, un recueil joint aux lettres du pape saint Célestin Ier et attribué à saint Prosper d’Aquitaine énonce une règle souvent citée : ut legem credendi lex statuat supplicandi, « que la loi de la prière établisse la loi de la foi ». La prière de l’Église exprime sa foi et la transmet. Pie XII, dans l’encyclique Mediator Dei du 20 novembre 1947 (§§ 46-48), reprend cet adage en le précisant : la liturgie est une profession de la foi, mais elle ne décide pas d’elle-même de ce qui est de foi catholique ; en ce sens, dit-il, c’est la loi de la foi qui doit régler la loi de la prière.
Le missel de saint Pie V
Le concile de Trente (1545-1563) confia au pape la révision du missel et du bréviaire. Saint Pie V publia le bréviaire en 1568, puis le missel par la bulle Quo primum tempore du 14 juillet 1570. Ce missel n’était pas un rite nouveau : il codifiait et révisait le missel en usage à Rome, dont le canon remonte pour l’essentiel aux premiers siècles ; la bulle dit l’avoir fait rendre « à la norme et au rite des saints Pères » (ad pristinam sanctorum Patrum normam ac ritum). Il fut prescrit à l’Église latine, hormis les rites en usage depuis plus de deux siècles. Il a été révisé ensuite à plusieurs reprises, notamment sous saint Pie X et Pie XII ; l’édition typique de 1962, conforme au code des rubriques de 1960, est la dernière de cette lignée. C’est celle que suivent les chapelles.
L’office et le chant grégorien
L’office divin sanctifie les heures du jour. La Règle de saint Benoît en règle le cours pour les moines (chapitres 8 à 20) ; l’Église a aussi son propre office, le bréviaire romain, que les rubriques de 1960 ordonnent. Les offices célébrés publiquement dans les chapelles sont indiqués avec les horaires, sur demande. Le chant grégorien est le chant propre de la liturgie romaine, comme l’a rappelé saint Pie X en 1903. Son étude et sa transmission font l’objet des sessions du Conservatoire du Patrimoine des Abbayes, une autre association établie à l’abbaye.
Les ministres
La liturgie est célébrée par des prêtres catholiques qui disent la messe selon ce missel. L’association pourvoit aux frais du culte et aux besoins de ses ministres, et aide à former ceux qui servent à l’autel, chantent et tiennent la sacristie.
Les livres liturgiques
Le site Divinum Officium permet de lire chaque jour les textes de la messe et de l’office selon les rubriques de 1960, en latin avec une traduction française. C’est un service extérieur : la traduction n’y est pas donnée pour toutes les parties.
- Missale Romanum : la messe du jour, en latin et en français ;
- Breviarium Romanum : l’office du jour, heure par heure, en latin et en français ;
- Ordo : le calendrier liturgique de l’année ;
- Rituale Romanum, qui contient les sacrements et les bénédictions : texte latin, édition Pustet, Ratisbonne, 1925 (Internet Archive). Aucune édition bilingue antérieure à 1962 n’est proposée ici pour l’instant.
Pour aller plus loin
- Saint Pie V, bulle Quo primum tempore, 14 juillet 1570 : texte latin (Wikisource).
- Catéchisme du concile de Trente, traduction d’Emmanuel Marbeau, Paris, Desclée, 1905 (Wikisource).
- Concile de Trente, doctrine et canons sur le sacrifice de la messe, session XXII : traduction anglaise de Theodore Alois Buckley, 1851 (Wikisource).
- Pie XII, encyclique Mediator Dei sur la sainte liturgie, 20 novembre 1947 : texte latin (site du Saint-Siège).
- Dans la bibliothèque de ce site : la Règle de saint Benoît et ses commentaires, dont le chapitre 43 sur l’œuvre de Dieu.