The Rule of Saint Benedict
Chapter 20
De Reverentia OrationisOn Reverence at Prayer

On the whole chapter
Commentaries Dom Paul Delatte, Abbot of Solesmes (1913) (in French) 20
p. 217 DU RESPECT DANS LA PRIÈRE
Si cum hominibus potentibus volumus aliqua suggerere, non præsumimus nisi cum humilitate et reverentia,
If, when we wish to obtain some favour from those who have the power to help us, we dare not ask except with humility and reverence,
Commentaries Dom Edmond Martène, Maurist (1690) (in Latin) 20.1
col.479 Si cum hominibus potentibus volumus aliqua suggerere, etc.] Familiaris quidem comparatio , sed eo ad persuadendum efficacior, quo familiaris magis ac nota. Eadem utuntur Tertullianus, in lib. de Orat. ; S. Basilius , in Regul. brevior., interrog. 201; Cassianus, collat. 23, c. 7; Evagrius in Monachicis, n. 11, tom. III Monum. Eccl. Græc.; S. Eligius, hom. 9; Haymo Halberstatensis, l. de Varietate, c. 20; Magister, in Regula, c. 48; Grimlaicus, in Regula Solit., c. 31, ubi etiam integrum fere hoc caput describit.
Commentaries Dom Paul Delatte, Abbot of Solesmes (1913) (in French) 20.1-20.2
p. 217 De reverentia orationis. — Si cum hominibus potentibus volumus aliqua suggerere, non praesumimus, nisi cum humilitate et reverentia : quanto magis Domino Deo universorum cum omni humilitate et puritatis devotione supplicandum est?
p. 217 Nous reconnaîtrons aisément que ce chapitre ne fait pas double emploi avec le précédent. Dans le XIXe, il est question de la prière conventuelle et officielle, de l’audience solennelle que donne le Seigneur : aussi le titre nous parle-t-il de disciplina, de cérémonial ; dans le XXe, il s’agit de la prière privée ; et, pour écarter les périls d’une liberté plus grande laissée à chacun, on nous parle du respect avec lequel nous devons toujours aborder Dieu, reverentia.
p. 217 La comparaison et l'à fortiori par lesquels débute N. B. Père lui étaient suggérés par son bon sens surnaturel et par ses lectures (1), mais il n’est pas impossible qu’il ait reconnu de plus dans cette image un trait des mœurs romaines. La société n’était pas encore démocratisée et nivelée. Il y avait une aristocratie puissante, groupant autour d’elle non pas seulement une armée d’esclaves, mais une vaste clientèle, clientela, composée d’hommes libres ou d’affranchis, qui vivaient attachés au maître, à titre d’amis, de comites ou simplement de clients ; chaque jour, ils s’en venaient saluer le maître ou solliciter une grâce, lui rendant en respect ce qu’ils recevaient de lui de ressources et de sécurité :
Si non ingentem foribus domus alta superbis Mane salutantum totis vomit aedibus undam (2).
(1) S. Basil., Reg. contr., cviii (cf. Reg. brev., cci). — Cass., Conlat. XXIII, vi. — Cf. aussi Tertullien, De Oratione, xvi (P. L., I, 1173-1174) : Siquidem irreverens est assidere sub conspectu, contraque conspectum ejus, quem quam maxime reverearis, ac venereris; quanto magis sub conspectu Dei vivi, angelo adhuc orationis astante, etc. — S. Ephrem, Paraenesis XIX (Opp. graec. lat., t. II, p. 95).
(2) Virgile, Géorgiques, l. II, 461-462.
p. 218 Les clients étaient un peu de la famille du maître ; ils étaient associés à son gouvernement et à ses intérêts ; leur demande ressemblait donc à une indication discrète de ce qui leur semblait opportun : ils « suggèrent », dit saint Benoît ; et ce terme devient admirablement théologique dès qu’il s’applique à notre prière. Si nous n’osons aborder les puissants du monde qu’avec humilité et révérence, si le sens des bienséances et notre propre intérêt nous font prendre devant chacun d’eux l’attitude qui convient : à combien plus forte raison nos suppliques au Seigneur et Maître de toutes choses doivent-elles lui être adressées en toute humilité, dévotion et pureté !
p. 218 L’humilité, nous le savons, naît de la conscience de ce qu’est Dieu et de ce que nous sommes devant lui. L’habitude d’être en rapport avec Dieu, la facilité avec laquelle il se laisse aborder, les formes très humbles qu’il prend lui-même lorsqu’il descend vers nous : rien de tout cela ne doit diminuer notre respect. C’est une des marques les plus assurées de l’illusion que de traiter Dieu comme un égal, comme un homme qui a contracté avec nous et avec lequel nous sommes en comptes. Lorsque le Seigneur, dans l’Évangile, nous invitait à la prière confiante, pressante, même importune, il n’entendait point légitimer par avance le ton étrange de sommation, de réquisition, que prennent parfois les demandes — et quelles demandes ! — de chrétiens mal éclairés. Quelle que soit la dignité surnaturelle à laquelle Dieu nous ait élevés, il n’y a jamais motif pour nous élever nous-mêmes, pour concevoir de l’audace, ni pour oublier qui est Dieu.
p. 218 La pureté : elle est mentionnée jusqu’à trois fois dans ces quelques lignes. Nous devons l’entendre non seulement, au sens spécifique, de l’éloignement des affections grossières, mais encore du détachement de toute affection créée, de l’absence de tout alliage inférieur. C’est une garantie de l’efficacité de notre prière, lorsque nous pouvons dire à Dieu : « Il y a sans doute chez moi, à mon insu, des tendances que vous voyez, Seigneur, et qui ne vous plaisent pas : je ne les aime pas non plus et je les désavoue ». Lorsque notre volonté, par laquelle se font les contacts, est libre de toute attache irrégulière, Dieu nous a établis dans la vraie pureté. Mais saint Benoît n’a pas dit simplement : la pureté ; il a dit : la dévotion de la pureté. La dévotion, dans le langage moderne, c’est la flamme de la charité, c’est cette disposition d’ardeur habituelle dans le service de Dieu qui nous fait accomplir avec promptitude, avec persévérance, avec joie, tous nos devoirs envers lui. Mais le terme latin devotio a une signification, non pas très différente, mais plus profonde. La devotio, c’est l’appartenance, le dévouement, l’assujettissement comme état, comme situation fixe, continue, même juridique ; et dans l’espèce, c’est la servitude consentie et aimée, la sujétion volontaire à Dieu et à toutes les conduites de Dieu. Au chapitre XVIII, nous avions le même sens de devotio : Nimis iners devotionis suae servitium ostendunt monachi; et la Liturgie invoque Notre-Dame pro devoto femineo sexu. Puritas, c’est l’affranchissement de toute servitude étrangère qui confisquerait à son profit une part de notre amour ou de notre activité ; devotio, c’est la plénitude de l’appartenance au Seigneur.
quanto magis Domino Deo universorum cum omni humilitate et puritatis devotione supplicandum est?
how much more reason is there that we should present our petitions to the Lord God of the universe in all lowliness of heart and purity of devotion.
Commentaries Dom Edmond Martène, Maurist (1690) (in Latin) 20.2
col.479 Quanto magis Domino Deo universorum cum omni humilitate, et puritatis devotione supplicandum est.] Cum omni, inquit, humilitate, id est corporis et animæ, ait Hildemarus : addit Bernardus Cassinensis, et oris; utraque enim necessaria est, utramque etiam laudat S. P. Benedictus cap. 7.
col.479 Merito autem orare volenti S. Pater virtutem commendat humilitatis, quia Deus respicit in orationem humilium, et non spernit preces eorum : unde S. Joannes Climacus (Grad. 7; vide S. Bern. , serm. 25 de Divers.) : « Dum das operam precibus, sta coram judice tremebundus , non secus ac reus , ut humili corporis statu foris, et animi intus, justi judicis iram exstinguas : non enim potest animam tanquam viduam dolenter coram se stantem , et importune, quamvis ipse infatigabilis , precibus fatigantem spernere. » Addit S. Benedictus et puritatis devotione, quam in cordis simplicitate constituit Bernardus Cass., juxta illud : In simplicitate cordis quærite illum. Et certe « nulla debet esse in. oratione duplicitas; non unus in ore, alter in corde inveniatur, » inquit in Regula Magister ( Cap. 48), sed pura ad Deum intentio, « ut qui orat præsentis Christi videatur pedes tenere, » ut loquitur idem Magister.
Et non in multiloquio, sed in puritate cordis, et compunctione lacrymarum nos exaudiri sciamus.
We may know for certain that we shall be heard, not because we use many words, but on account of the purity of our hearts and our tears of sorrow.
Commentaries Dom Edmond Martène, Maurist (1690) (in Latin) 20.3
col.479 Et non in multiloquio.] Idem docet S. Basilius : « Ne longitudinem verborum protrahas ante eum ; quia non in multiloquio , sed in purissima mente placabitur Deus. » Et abbas Macarius a fratribus interrogatus quomodo esset orandum, respondit (In admonit. Ruffin. Lib. iii de Vit. Pat., n. 207) : « Non sunt necessaria nobis superflua verba, sed extendere tantum manus, ac dicere debemus : Deus, quomodo vis, et sicut tibi placet, ita fiat. Si autem tentatio irruerit, aut impugnatio, dicendum : Deus, auxiliare nobis; ipse enim scit quæ nobis expediant. » Quin et ipse Christus in Evangelio, « Orantes, inquit, nolite multum loqui sicut ethnici ; putant enim quod in multiloquio suo exaudiantur, nolite ergo assimilari eis. » Quid autem sit in multiloquio orare, et quid differant multiloquium et diuturna precatio, erudite admodum docet S. Augustinus his verbis (Epist. 130) : « Neque enim, ut nonnulli putant, hoc est orare in multiloquio, si diutius oretur. Aliud est sermo multus , aliud est diuturnus affectus : nam et de ipso Domino scriptum est, quod pernoctaverit in orando, et quod prolixius oraverit : ubi quid aliud quam nobis præbebat exemplum in tempore precator opportunus, cum Patre exauditor æternus? » Et paulo post : « Absit enim ab oratione nostra multa locutio, sed non desit multa precatio, si fervens perseverat; nam multum loqui est in orando rem necessariam superfluis augere verbis : multum enim precari est eum quem precamur diuturna et pia cordis excitatione pulsare; nam plerumque hoc negotium plus gemitibus quam sermonibus agitur, plus fletu quam affectu. » Et sane, ut præclare docet Hugo de S. Victore (De modo orandi, cap. 4) : « Homo qui rogatur per narrationem nostram docetur, ut sciat quid velimus ; per supplicationem pulsatur ut annuat quod petimus. Sed in illa quæ ad Deum fit oratione narratio necessaria non est, nisi forte homo ad hoc narret ut ipse petitionem suam melius intelligat; ut et per orationem suam admonitus quid petat consideret, et per considerationem petitionis suæ exercitatus devotius oret. »
col.480 Sed in puritate cordis.] Quia soli mundo corde Deum videbunt. « Ut autem eo fervore ac puritate qua debet, emitti possit oratio (ita loquitur Cassianus [ Collat. 9, c. 3] ), hæc sunt omnimodis observanda. Primum, sollicitudo rerum carnalium generaliter abscindenda est. Deinde nullius negotii causæve non solum cura, sed ne memoria quidem penitus admittenda ; detractiones, vaniloquia, seu multiloquia , scurrilitates quoque similiter amputandæ ; iræ præ omnibus sive tristitiæ perturbatio funditus eruenda ; concupiscentiæ ac philargyriæ noxius fomes radicitus evellendus : Et ita his ac similibus vitiis extrusis penitus et abscissis, quiz hominum quoque possunt patere conspectibus, talique, ut diximus, repurgii emendatione præmissa, quæ simplicitatis et innocentiæ puritate perficitur, jacienda sunt primum profundæ humilitatis inconcussa fundamenta , quæ scilicet turrim intraturam cœlos valeant sustinere; deinde superponenda virtutum spiritualium exstructio; ab omni discursu atque evagatione lubrica animus inhibendus, ut ita paulatim ad contemplationem Dei ac spiritualis intuitus incipiat sublimari. Quidquid enim ante orationis horam anima nostra conceperit, necesse est ut orantibus nobis per ingestionem recordationis occurrat. Quamobrem quales orantes volumus inveniri, tales nos ante orationis tempus præparare debemus, etc. »
col.480 Et compunctione lacrymarum.] Quid sit compunctio, docetur apud S. Augustinum his verbis ( De Spiritu et anima, cap. 50) : « Compunctio est quando ex consideratione malorum suorum cor interno dolore tangitur. » Aliter liber de modo vivendi inter opera S. Bernardi (Cap. 10) : « Compunctio cordis est humilitas mentis, veniens de recordatione peccati et timore judicii. Illa compunctio perfecta, quæ pellit a se omnem delectationem carnalium rerum , et toto studio mentis figit intentionem in contemplatione Dei. » Quibus verbis quasi duo distinguit compunctionis genera, quorum unum est in mœrore pro nostris excessibus, alterum in exsultatione pro divinis muneribus, ut loquitur S. Bernardus (Serm. 66 in Cant.) : quæ Grimlaicus in Regula solitariorum (Cap. 30 ) vocat irriguum superius, et irriguum inferius.
col.481 Porro ex S. Gregorio ( Lib. xxiii Moral. , cap. 13) « quatuor sunt qualitates quibus viri justi anima in compunctione vehementer afficitur ; cum aut malorum suorum reminiscitur, considerans ubi fuit ; aut judiciorum Dei sententiam metuens, et secum quærens cogitat ubi erit; aut cum mala vitæ præsentis solerter attendens, mœrens considerat ubi est; aut cum bona supernæ patriæ contemplatur, quæ quia necdum adipiscitur , lugens conspicit ubi non est. » Idem videre est in præfato libro de Modo vivendi, cap. 10, et in Regula solitar., cap. 29. Alias compunctionis causas enarrat Cassianus collat. 9, cap. 26. Vide Petri Damiani opusc. 15, cap. 26.
Commentaries Dom Paul Delatte, Abbot of Solesmes (1913) (in French) 20.3
p. 219 Et non in multiloquio, sed in puritate cordis, et compunctione lacrimarum nos exaudiri sciamus.
p. 219 Après avoir décrit en trois mots les dispositions intérieures avec lesquelles nous devons aborder Dieu, saint Benoît passe au côté extérieur et plus matériel de la prière. Avec le Seigneur lui-même (1), avec saint Augustin (2), Cassien (3), tous les Pères, il nous recommande d’éviter le verbiage. Le culte juif n’était pas le seul qui fût devenu, grâce au travail des prêtres, un ritualisme difficile et compliqué, une religion de gestes et de mots ; mais le ritualisme et le verbiage avaient envahi les cultes païens, spécialement celui de Rome : Putant enim quod in multiloquio suo exaudiantur, disait le Seigneur. Ce n’est pourtant pas la multitude des paroles qui fait la réalité de la prière. Nous ne prions en paroles que pour nous affranchir un jour des paroles, et adorer, louer, aimer en silence « la Beauté qui ferme les lèvres ». In spiritu et veritate oportet adorare. La prière a sa source dans le cœur et il y a une prière du cœur qui ne s’emprisonne point dans des mots. Et cette prière est exaucée toujours, parce que c’est l’Esprit de Dieu même qui l’inspire et la formule en nous : Nam quid oremus, sicut oportet, nescimus; sed ipse Spiritus postulat pro nobis gemitibus inenarrabilibus (Rom., viii, 26). Prier dans la pureté de notre cœur, c’est, nous l’avons dit, montrer au regard et au cœur de Dieu le désir et la tendresse d’une âme libre, dégagée des préoccupations basses, unie à lui par la conformité de volonté.
(1) Matth., vi, 7 sq.
(2) Epist. CXXX ad Probam, 20. P. L., XXXIII, 501-502.
(3) Inst., II, x ; Conlat. IX, xxxvi.
p. 219 Et compunctione lacrymarum. L’expression est empruntée à Cassien (4), dont il faut lire les conférences sur la prière ; lui aussi parle souvent de la vraie pureté du cœur, de la prière pure (5). La componction, — encore que l'Imitation nous dise qu’il vaut mieux l’éprouver que la définir, — c’est l’attendrissement intérieur que créent en nous, à la lumière de foi, le souvenir de nos fautes et la pensée des bienfaits de Dieu. Plusieurs fois, dans la Règle, N. B. Père a rapproché la prière et les larmes, comme si les deux choses allaient naturellement l’une avec l’autre : Si alter vult sibi forte secretius orare, dit-il au chapitre LII, simpliciter intret et oret, non in clamosa voce sed in lacrymis et intentione cordis. Saint Benoît, nous le savons par saint Grégoire, avait le don des larmes ; et ce qui intrigua un jour le bon Théoprobe, ce fut moins l’abondance et la durée des larmes de N. B. Père que leur tristesse profonde : Cumque diu subsisteret ejusque non finiri lacrymas videret, nec tamen, ut vir Dei consueverat, orando plangeret, sed moerendo, quaenam causa tanti luctus existeret, inquisivit (1). Le don des larmes est considéré comme le moindre de tous les dons charismatiques ; mais il a ce mérite de ne porter pas à l’orgueil, celui aussi de ne laisser place à aucune distraction dans la prière : il les noie toutes.
(4) Conlat. IX, xxviii.
(5) Monachi autem illud opus est praecipuum, ut orationem puram offerat Deo, nihil habens in conscientia reprehensibile (Rufin., Hist. monach., c. i. Rosweyde, p. 453).
(1) S. Greg. M., Dial., l. II, c. xvii.
Et ideo brevis debet esse et pura oratio; nisi forte ex affectu inspirationis divinæ gratiæ protendatur.
Our prayer, therefore, should be short and pure, unless by some inspiration of divine grace it be prolonged.
Commentaries Dom Edmond Martène, Maurist (1690) (in Latin) 20.4
col.481 Et ideo brevis esse debet et pura oratio.] Quantum ad tempus et quantum ad verba, inquiunt Bernardus Cassin. et Boherius. Idem monet vulgatum Syntagma doctrinæ S. Athanasii ad monachos : « Per diem frequenter ora, et assidue ; attamen sine longa orationis extensione, sine clamore, aut multiloquio inani. » Idque monachorum Ægyptiorum exemplo, qui, ut dicit Cassianus (Lib. ii, cap. 10), utilius censebant breves quidem orationes, sed creberrimas fieri : de quibus etiam S. Augustinus in epistola ad Probam ( Epist. 130) : « Dicuntur fratres in Ægypto crebras quidem habere orationes, sed eas tamen brevissimas, et raptim quodammodo jaculatas, ne illa vigilanter erecta, quæ oranti plurimum necessaria est, per productiores moras evanescat atque hebetetur intentio; ac per hoc etiam ipsi satis ostendunt hanc intentionem sicut non est obtundenda, si perdurare non potest, ita si perduraverit, non cito esse rumpendam. »
col.481 Quare autem ita brevibus delectarentur orationibus, præter eam quam modo protulit S. Augustinus rationem, addit Cassianus (Lib. ii, cap. 10), « ut insidiantis diaboli jacula, quæ infligere nobis tunc præcipue cum oramus insistit, succincta brevitate vitemus. » Et apud eumdem abbas Isaac (Collat. ix, cap. 36) : « Frequenter quidem sed breviter est orandum , ne immorantibus nobis inserere aliquid nostro cordi insidiator possit inimicus. » Duas hujusce brevitatis rationes profert Magister, quas illius suppresso nomine hic exscribit Smaragdus (Cap. 48) : « Ideo diximus brevem fieri orationem, ne quis per occasionem prolixæ orationis obdormiat; aut forte diu jacentes diabolus eis ante oculos diversa ingerat, vel in corde aliud subministret. » Addit S. Hildegardis : « Ne forte psalmodiæ postea insistentes minus ipsi psalmodiæ intendant, cum per præmissam ac prolixam orationem fatigati fuerint. »
col.481 Verum ex S. Benedicto non modo brevis, sed etiam pura debet esse oratio. Pura autem illa est quæ Deum ipsum petit, aut aliquid propter Deum, cujusmodi sunt ea quæ recenset S. Bernardus, in sententia 17. Vide ejusdem serm. 107 de diversis.
col.481 Nisi forte ex affectu inspirationis divinæ gratiæ protendatur.] Sicut enim non est obtundenda animi intentio, si perdurare non potest; ita si perseveraverit non est cito rumpenda, ut modo dicebat S. Augustinus : quapropter « tandiu debemus in oratione prostrati jacere, donec Domino juvante cogitationes vanas comprimamus. Si autem videmus nos superari agitationibus , etiam non delectamur in oratione jacere, surgendum est, deinde legendum , aut psallendum, aut operandum est, » inquit Hildemarus. Porro S. Benedicto concinit Aelredus in Regula, cap. 14.
Commentaries Dom Paul Delatte, Abbot of Solesmes (1913) (in French) 20.4-20.5
p. 220 Et ideo brevis debet esse et pura oratio; nisi forte ex affectu inspirationis divinae gratiae protendatur. In conventu tamen omnino brevietur oratio, et facto signo a priore, omnes pariter surgant.
p. 220 Saint Benoît énonce la conclusion pratique : notre prière doit être brève et pure, brève afin d’être pure (2). Telle était la conduite des moines d’Égypte, font observer saint Augustin et Cassien ; ils préféraient se tenir en contact avec le Seigneur par de rapides et multiples oraisons jaculatoires, plutôt que par ces longues prières où l’on formule souvent bien des demandes superflues (3), où l’on s’occupe surtout de soi, et qui peuvent dégénérer en fatigue, en torpeur, en marasme. Rappelons-nous d’ailleurs l’inévitable danger qu’auraient couru, au temps de saint Benoît, et que courent maintenant encore certaines intelligences peu cultivées, certaines âmes peu formées, à être maintenues d’office dans une prière prolongée. Une éducation préalable est indispensable pour l’oraison mentale lorsqu’elle doit durer quelque peu. Au bout d’un instant on a tout dit. La pensée s’en va ailleurs. Quelquefois on la ramène, mais elle s’échappe de nouveau, vers n’importe quelle direction ; quelquefois on ne songe même pas à la ramener : le temps s’écoule en divagations, et l’on arrive au bout de sa demi-heure en se demandant quelle a été la part de Dieu dans l’oraison qui vient de se terminer en sursaut. Et pourtant nous connaissons tout à la fois et notre religion et nos besoins, peut-être même notre théologie !
(2) Cf. S. Th., IIa IIae, q. lxxxiii, a. 14, Utrum oratio debeat esse diuturna.
(3) Hoc praecipue est in oratione petendum, ut Deo uniamur (S. Th., IIa IIae, q. lxxxiii, a. 1, ad 2).
p. 220 Il va de soi que N. B. Père ne songe point à réduire le temps que notre ferveur voudrait donner à Dieu ; il prévoit même formellement le cas où la grâce divine provoquerait en nous un mouvement intérieur de dévotion qui nous fît prolonger la prière. Moyennant que le travail qui nous est imposé comme obédience n’en souffre point et que nous ne négligions aucunement nos autres devoirs, ce goût de l’oraison n’a rien que de légitime. Mais afin de conjurer l’illusion et de tout consacrer par l’obéissance, il ne faut pas introduire dans notre règlement et nos habitudes de longues stations d’oraison qui n’auraient pas obtenu, au préalable, l’agrément de l’Abbé. Les Constitutions déterminent le minimum du temps que chacun doit consacrer à la prière. Et plaise à Dieu qu’il y ait toujours dans des âmes monastiques assez de sens de leur vocation pour que les supérieurs soient dispensés de toute enquête et de toute contrainte sur ce point ! On ne prétend pas d’ailleurs nous imposer une « méthode » ; on ne nous défend pas de parler à Dieu dans la méditation tranquille de la sainte Écriture ou des textes liturgiques ; la lectio divina que prescrit la Règle est quelque chose de plus qu’une simple préparation à la prière, et c’est sous le bénéfice de ces deux heures de lecture que N. B. Père pouvait recommander que la prière des moines fût brève pour être pure.
p. 221 La dernière disposition de ce chapitre est encore inspirée par la discrétion. S’il est permis à un frère d’accorder un peu plus à la prière privée lorsqu’une grâce de Dieu l’y invite, on conçoit qu’il serait peu mesuré de demander à la communauté entière de longs suppléments à son œuvre liturgique quotidienne. Saint Benoît ordonne donc que l’oraison conventuelle soit toujours très courte : omnino brevietur, et que tous se lèvent en même temps, au signal du supérieur. De quelle oraison s’agit-il? Cassien raconte comment, après chaque psaume, chez les moines d’Égypte, tous prient quelques instants debout et en silence, puis se prosternent à terre, se relèvent presque aussitôt et s’unissent enfin d’intention à celui qui récite la collecte : Cum autem is, qui orationem collecturus est, e terra surrexerit, omnes pariter eriguntur, ita ut nullus nec antequam inclinetur ille genu flectere nec cum e terra surrexerit remorari praesumat, ne non tam secutus fuisse illius conclusionem, qui precem colligit, quam suam celebrasse credatur (1). Mais saint Benoît ne prescrit nulle part de prière privée ni de collecte après chaque psaume : elles sont remplacées par les antiennes. Il semble faire allusion ici aux prières qui terminaient les offices (voir le chap. LXVII) (2) : une portion était silencieuse et mentale ; on la faisait incliné ou prosterné ; et il appartenait à l’Abbé de l’abréger. Si courte qu’elle fût, cette oraison conventuelle décourageait le moine de Pompéianus dont il est parlé dans la Vie de saint Benoît, et qu’un petit diable noir entraînait dehors : Ad orationem stare non poterat, sed mox ut se fratres ad studium orationis inclinassent, ipse egrediebatur foras... Cumque vir Dei venisset in eodem monasterio et constituta hora, expleta psalmodia, sese fratres in orationem dedissent, etc. (1). Saint Benoît ne parle jamais d’une oraison conventuelle, distincte de l’Œuvre de Dieu : Expleto opere Dei, omnes cum summo silentio exeant... Sed si alter vult sibi forte secretius orare, simpliciter intret et oret (chap. LII).
(1) Inst., II, vii ; cf. ibid., x. — La Règle de S. Pacôme disait : Cumque manum percusserit stans prior in gradu, et de scripturis quidpiam volvens memoriter, ut, oratione finiente, nullus consurget tardius, sed omnes pariter levabunt (vi).
(2) Cassien mentionne la prière finale des offices : Satis vero constat illum trinae curvationis numerum, qui solet in congregationibus fratrum ad concludendam synaxin celebrari, cum qui intento animo supplicat observare non posse (Conlat. IX, xxxiv). D. Bäumer préfère lire orationis au lieu de curvationis, et non supplicat (Hist. du Brév., t. I, p. 149, note 1).
(1) S. Greg. M., Dial. l. II, c. iv.
In conventu tamen omnino brevietur oratio, et facto signo a Priore, omnes pariter surgant.
All prayer made by the community in common, however, should be short; and when the prior (that is, the superior) has given the sign, let all rise together.
Commentaries Dom Edmond Martène, Maurist (1690) (in Latin) 20.5
col.482 In conventu tamen omnino brevietur oratio , et facto signo a priore, omnes pariter surgant.] Hic locus difficilis et obscurus est, quo in explicando non consentiunt auctores , quorum proinde opiniones diversas, ut quæ arriserit possit eligi, referre animus est.
col.482 In primis Smaragdus S. Benedictum intellexisse videtur de ritu monachorum Ægyptiorum , qui psalmis orationes interponebant, quod vel ex eo maxime patet, quod ad hunc Regulæ textum exponendum. aliud nihil quam ipsa Cassiani verba, quibus ille ritus exprimitur, proferat. Hildemarus, antiquus Regulæ commentator, mentem suam ita explicat : « In conventu omnino brevietur oratio; non enim dicit de illa oratione, quam presbyter dicit, vel capitulo ; sed de oratione uniuscujusque, qua in conventu unusquisque monachus orat ; nam statutum est quanta capitula debet presbyter dicere, vel orationem in conventu. » Postea vero explieans sequentia verba, et facto signo a priore omnes pariter surgant , duas refert sententias : « Sunt enim, inquit, qui intelligunt illud signum esse cum dicit presbyter per omnia sæcula sæculorum , quatenus tu surgens respondeas amen, sive sit in te inspiratio divina, qua possis diutius orare, sive non.... Iterum sunt. alii, qui istud signum, ad quod præcipit Regula esse surgendum, intelligunt istud signum esse ultimum, quod tangitur ad vigilias, ad matutinum, ad primam, ad tertiam, sextam, nonam, vesperum atque completorium ; quatenus, cum tactum fuerit, paratus sit monachus stans in choro ad respondendum dicto Deus, in adjutorium meum intende , Domine ad adjuvandum me festina. » Moris quippe fuit in ordine nostro, ut inter divini officii signa fratres orando circuirent altaria, quod ad vigilias nocturnas maxime præstabant, uti ostendimus in l. i de Antiq. mon. Ritibus, c. 1, ac de illa oratione sanctæ Regulæ textum illi capiebant. Eo etiam sensu Bernardus Cass. et Richardus de S. Angelo intellexisse videntur, uti et S. Hildegardis, quæ hunc in locum sic scribit : « Quoniam ante singulas horas canonicas orationem dici admonebat, quia cum in sequentibus jubeat quod hospiti pacis osculum non prius offeratur nisi oratione præmissa ; multo magis cum omnipotens Deus salutandus est oratio præmittenda est, et brevis, ne forte psalmodiæ minus intendant, cum per præmissam et prolixam orationem fuerint fatigati. » His accedit Theobaldus Artaldus Cœlestinus, in sua expositione Gallica Regulam sic reddens : L'Oraison qui est faite au convent , c'est à dire depuis que après le son de la cloche les frères sont assemblés en l'église pour accomplir le divin service, soit du tout abregiè, sans avoir regard à l'affection dévote d'aucuns particuliers, qui se doit rendre commune en la présence de la religieuse communauté.
col.482 Priorem tamen sententiam secutus fuisse videtur Paulus Augustinus a Janua monachus Cassinas, cum, prolato Regulæ textu , Et facto signo a priore omnes pariter surgant , ita infert : « Ergo in ultima parte officii genua flectebant. » Ab hac sententia non multum recedit cardinalis de Turrecremata, S. Benedictum exponens « de oratione uniuscujusque, quam unusquisque apud se orat cum toto conventu, sicut in fine officii religiosi prostrati , aut inclinati soliti sunt facere orationem aliquam usque ad signum quod fit a prælato; » cujus sententiæ astipulatur Matthias Lambertus, in Gallico commentario; eaque Hildemaro magis arrisit.
col.482 Nicolaus Bravus ex utraque expositione « integrat unam, quæ tam de principio, quam de fine horarum intelligat Regulam, » hoc est de oratione quæ præmitti solet officio, et de ea quæ illud sequitur. Et certe præmissam fuisse orationem, eamque completo officio repetitam, vero simile est : an vero de ea oratione hic loquatur S. P. Benedictus non ita liquet.
col.483 Alter Nicolaus, de Fractura dictus, mentem suam non satis explicat, cum ait Regulam non esse intelligendam de psalmodia , aut de aliis quæ ad divina officia sunt ordinata, « sed de oratione, qua orat unusquisque in conventu. »
col.483 Petrus Boherius in primo comment. diversorum relatis sententiis, in eam propendet quæ S. Benedictum intelligit de brevi et secreta oratione, qua præmitti solebat horis canonicis : at vero in secundo commentario mentem suam clarius exprimens ita discurrit : « Intelligo siquidem hunc textum de communi oratione, quæ inter psalmos intercidit more Patrum Ægypti, Thebaidis, et Palestinæ provinciarum. Has, inquit, orationes hoc modo incipiunt, atque consummant, ut finito psalmo non statim ad curvationem genuum corruant, sed antequam flectant genua paulisper orant, et stantes in supplicatione majorem temporis partem expendunt ; itaque post hoc puncto brevissimo projicientes se humi, velut adorantes tantum divinam clementiam , summa velocitate consurgunt, ac rursus erecti expansis manibus, eodem modo quo prius stantes oraverant, suis precibus immorantur : humi namque diutius procumbentes non se solum cogitationibus, aiunt, verum etiam somno gravius impugnari. Et de illa nimirum oratione etiam hunc textum intelligo, quæ fit in horis diurnis non utique inter psalmos, sed post Kyrie eleison, quæ missæ aliter nuncupantur. » Hactenus Boherius ex cujus sententia S. Benedictus ad nocturnas vigilias et laudes orationes psalmis Ægyptiorum monachorum more interposuerit ; quas ad horas diurnas in finem officii rejecerit, uti jam supra vidimus, de qua oratione S. P. Benedictum hic fuisse locutum existimat.
col.483 Eamdem sententiam amplectitur Menardus noster, probatque his duobus argumentis : 1° quod S. P. Benedictus veterum monachorum instituta ut plurimum secutus sit, maxime quæ a Cassiano descripta sunt, quorum aliqua aut penitus tacuit, aut velut obiter tetigit, tanquam omnibus magis nota, qualis est ille Ægyptiorum monachorum ritus, quem commendat S. Athanasius in lib. de Virginitate : « Ad quemlibet psalmum preces et genuum flexio cum lacrymis addatur. » Et S. Pachomius, in Regul. art. 126 : « Per domos singulas vespere sex orationes psalmosque complete. » 2° Quod idem ritus aliis etiam monachis communis exstiterit, utpote quem præscribunt S. Isidorus in Regulæ c. 7, S. Fructuosus in Regulæ c. 3, Magister in Regulæ c. 33 , quæ quidem Regulæ magna ex parte ex Benedictina conflatæ fuerunt. His adjiciendum est S. Columbani Pœnitentiale, in quo inter alia hæc præscribuntur : « In communi autem omnes fratres omnibus noctibus in tempore orationum in fine omnium psalmorum, genua in oratione, si non infirmitas obfuerit, flectere æquo animo debent, sub silentio dicentes, Deus, in adjutorium meum intende, Domine, ad adjuvandum me festina; quem versiculum postquam ter in oratione decantaverint, æqualiter a flexione orationis surgant. » 3° Addere posset quod in antiquis Psalteriis mss. in fine singulorum psalmorum habentur etiam orationes descriptæ. Exstat hujusmodi Psalterium in nostro Parisiensi S. Germani monasterio : tale etiam erat quod Molismo Cistercium detulit S. Robertus, servaturque hactenus in monasterio Cisterciensi. 4° Quod narrat S. Gregorius papa (Lib. ii Dialog , cap. 4) de negligenti illo monacho, quem castigavit S. Benedictus, qui quotidie cum constituta hora expleta psalmodia sese fratres in orationem dedissent , exibat ab opere Dei, forasque vagabatur. Hic enim locus non potest intelligi de integro opere Dei, ut vult Haeftenus, nam expleto opere Dei omnes cum summo silentio egredi oratorio jubentur infra c. 52. Sed aut de singulis psalmis quibus subjungebatur oratio, ut ad nocturnos et laudes, aut de omnibus quidem psalmis in quorum fine S. Benedictus orationes rejecerit, quæ totum officium terminarent, quo tempore frater ille negligens exire solebat. Et certe huic vitio videntur obnoxii fuisse olim aliqui monachi, cui mederi voluerit Regula secunda SS. Patrum, decernens (Cap. 6), « ut tempore quo missæ fiunt, sive die, sive nocte, quando diutius ad orationem standum est, non deficiant, vel superfluo foras recedant. » Idem habet Regula S. Macarii c. 15, et Regula S. Pachomii (Art. 11 in cod. Regul.) : « Quando in collecta orant fratres, nemo egredietur absque jussione majorum. » Sed hujusmodi leges non magni pendebat negligens ille monachus, S. Mederici abbatis discipulus (In ejus Vita, n. 7, sæc. iii Bened., part. i), qui « statim ut synaxeos oratio consueta finienda esset, ei antequam genua flecteret, ab ecclesia exiret; » cujus ille morbum pane benedicto sanavit.
col.484 Denique Benedictus Haeftenus (Catechism. monast., part. i, disq. 6, § 2) hunc locum intelligit de oratione mentali et secreta, quæ expleto opere Dei fieret in conventu, nixus maxime S. Gregorii testimonio, quod modo retulimus, et explicuimus ; eamque una hora integra perdurasse existimat in suo ad Vitam S. Benedicti commentario, c. 4, quod an sit orationem breviare, judicare quilibet potest. Ejus sententia hoc argumento stabiliri potest, quod S. Benedictus superiori capite egisse videatur de toto officio divino, hic vero de oratione, quæ non in multiloquio, sed in compunctione lacrymarum peragitur. Quamvis ipse alibi aliter censuisse videatur : nam referens varia divini officii nomina, « dicitur, inquit (Lib. i, tract. 2, disq. 1), divinum officium conventus, quod nimirum ad illud fratres conveniant. .. Et hoc modo intelligendum crediderim S. Benedictum, cum ait : In conventu tamen omnino brevietur oratio. » Quæ vero adversus Menardi sententiam, cui favet Smaragdus, profert, non magni videntur momenti , et facili negotio resolvi queunt.
col.484 Cæterum non est hic prætereundum quod notat Hildemarus, nimirum in eo quod dicitur, In conventu autem omnino brevietur oratio satis ostendi, aliis temporibus esse monachis orandum pro sua cuique devotione, brevius aut prolixius, prout Deus dederit ; quod cum negligerent monachi, statuta fuerunt in singulis congregationibus tempora quibus omnes fratres orationi vacarent : unde Boherius : « Puto, inquit, ad relevandum nostri magistri intellectum, introductam inde illam trinam orationem, quæ in pavimento chori positis terræ genibus ante inceptionem horæ nocturnæ, ac primæ, ac post finem completorii in certis Galliæ monasteriis celebratur, quæ communiter trium Pater noster interstitio terminatur. » Quæ ex Benedicti Anianensis instituto processisse patet ex ejus Vita. n. 52.
Latin text: Hunter Blair’s edition, The Rule of St. Benedict, Fort Augustus, 1906, without the editor’s bracketed Scripture references and notes. Standard verse numbering. · English translation by Cardinal F. A. Gasquet († 1929), London, 1925. Public-domain text in France (art. L123-1 of the French Intellectual Property Code). Transcription and revision: Abbatia Sancti Petri de Curte. Report an error