Die Regel des heiligen Benedikt
Kapitel 50
De Fratribus qui longe ab Oratorio laborant, aut in via suntVon den Brüdern, die weit entfernt vom Gotteshaus arbeiten oder auf Reisen sind
Zum ganzen Kapitel
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 50
p. 367 DES FRÈRES QUI TRAVAILLENT LOIN DE L’ORATOIRE
OU QUI SONT EN VOYAGE
p. 367 Ces deux courts chapitres L et LI prévoient les exceptions possibles à la parfaite ponctualité et régularité dont traitaient les chapitres précédents. Ils pourraient être réunis sous un même titre. Leur dessein est de résoudre les cas de conscience que créent, au double point de vue de l’office divin d’abord, puis de la table commune, l’éloignement momentané ou l’absence prolongée. Le chapitre L nous apprend comment doivent célébrer les Heures ceux des frères qui ne peuvent se trouver à l’oratoire avec le couvent, soit que des travaux les retiennent aux champs, soit qu’ils accomplissent un voyage.
Fratres qui omnino longe sunt in labore, aut in via, et non possunt hora competenti occurrere ad Oratorium,
Brüder, die weit entfernt bei der Arbeit sind und zur bestimmten Stunde nicht zum Oratorium kommen können, sollen,
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 50.1-50.3
p. 367 De fratribus qui longe ab oratorio laborant, aut in via sunt. — Fratres qui omnino longe sunt in labore, et non possunt occurrere hora competenti ad oratorium, et Abbas hoc perpendit quia ita est, agant ibidem opus Dei, ubi operantur, cum tremore divino flectentes genua.
p. 367 Il y a lieu d’observer d’abord que saint Benoît considère tous ses moines comme rigoureusement tenus à l’office ; pourtant les moines d’alors n’étaient pas clercs, pour la plupart. Les frères qui sont partis travailler aux champs feront en sorte de revenir assez tôt pour célébrer à l’oratoire chacune des Heures liturgiques, toutes les fois que la distance ne sera pas trop grande, et sans doute aussi lorsqu’ils pourront abandonner le travail sans inconvénient sérieux ; mais cette seconde condition, dont a tenu compte la tradition monastique, n’est pas envisagée par saint Benoît.
p. 367 Ceux qui sont trop loin, qui omnino longe sunt, diront l’office à l’endroit même où ils se trouvent. Et, afin de couper court aux indécisions, c’est à l’Abbé qu’il appartiendra de décider si l’on doit rentrer ou non. On voit bien qu’il ne s’agit que de cas exceptionnels. Tous les travaux manuels, selon la pensée de saint Benoît, doivent s’exécuter d’ordinaire à l’intérieur de la clôture (chap. LXVI), et de telle sorte que les frères puissent aisément se réunir pour l’Œuvre de Dieu. Mais n’arrive-t-il pas souvent que le monastère a des possessions plus éloignées? En ce cas, des ouvriers recueilleront les récoltes. Nulle part dans la Règle n’est envisagée l’hypothèse d’exploitations agricoles, captant d’une façon habituelle les forces vives de la communauté et obligeant de nombreux moines à s’absenter toute la journée ou des semaines entières, loin du centre de la vie conventuelle.
p. 368 L’usage de réciter certaines parties de l’office aux champs existait avant saint Benoît : il est mentionné par les Règles de saint Pacôme et de saint Basile (1). Sur quoi D. Martène remarque « qu’il n’y a pas lieu de s’étonner que les moines accomplissent l'Opus Dei dans les champs, puisqu’ils y faisaient bien aussi le somme réparateur de la méridienne ». Il est peut-être plus facile de dormir aux champs que d’y réciter l’office avec décence. Aussi N. B. Père recommande-t-il d’apporter le même souverain respect, la même vigilance qu’au chœur. Dieu n’est nulle part absent, et si la notion de sa présence est familière aux moines, comme le veut saint Benoît, ils se recueilleront sans peine. Le lieu du travail devient aussi sacré que l’oratoire. On y garde le cérémonial accoutumé : inclinations, génuflexions, oraisons faites à genoux ou avec prosternement : cum tremore divino flectentes genua; ce qui ne veut point dire qu’on récite tout l’office à genoux, mais bien qu’on observe les mêmes rubriques qu’au chœur. Il ne s’agit probablement que d’une petite Heure, et presque tout peut se réciter de mémoire (2).
(1) Si in navi fuerit, et in monasterio, et in agro, et in itinere, et in quolibet ministerio, orandi et psallendi tempora non praetermittat (S. Pach., Reg., cxlii). — Si corporaliter non occurrat adesse cum caeteris ad orationis locum, in quocunque loco inventus fuerit, quod devotionis est expleat (S. Basil., Reg. contr., cvii). — Voir aussi Cass., Inst., II, xv.
(2) Voir les détails intéressants que donne la Règle du Maître, lv.
agant ibidem Opus Dei, ubi operantur, cum tremore divino flectentes genua.
das Chorgebet am Orte der Arbeit verrichten und dort in Gottesfurcht die Kniee beugen.
Similiter qui in itinere directi sunt, non eos prætereant Horæ constitutæ; sed ut possunt, agant sibi, et servitutis pensum non negligant reddere.
In gleicher Weise soll auch, wer auf Reisen geschickt ist, die festgesetzten Stunden nicht vorüber gehen lassen, sondern, so gut es geht, sie für sich allein abhalten und nicht versäumen, den schuldigen Dienst zu leisten.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 50.4
p. 368 Similiter qui in itinere directi sunt, non eos praetereant Horae constitutae : sed ut possunt, agant ibi, et servitutis pensum non negligant reddere.
p. 368 Voici maintenant le cas des moines voyageurs. On s’est demandé sur quoi porte le mot similiter : les Clunisiens soutenaient à bon droit qu’il porte sur non praetereant; les Cisterciens, qu’il se rattache à flectentes genua. En fait, l’usage monastique universel était à peu près celui-ci. Lorsque le moment de réciter l’Heure liturgique paraissait arrivé, on descendait de sa monture (les longues courses se faisaient rarement à pied), on quittait ses gants de voyage, on se découvrait la tête, on priait de la même façon et dans la même posture qu’on l’eût fait au chœur ; l’Heure ainsi commencée, on remontait à cheval et la psalmodie se poursuivait. Quand les chemins étaient trop boueux, qu’on était sous la pluie et la neige, il y avait dispense de la génuflexion qui précède l’office, et on récitait à la place le Miserere : telle était du moins la coutume clunisienne, rappelée par Pierre le Vénérable à saint Bernard (1). N. B. Père suggérait cette discrétion lorsqu’il écrivait : Sed ut possunt, agant ibi (2). Ces mots laissaient une marge à l’interprétation des supérieurs et des moines : on célébrera l’Œuvre de Dieu du mieux que l’on pourra. S’il eût fallu réciter l’office tout comme au chœur et dans son entier, on aurait dû emporter avec soi les gros livres manuscrits. Les bréviaires étaient, et pour longtemps encore, inconnus. Avant leur apparition, cependant, on constate l’usage de manuscrits contenant certaines portions de l’office et un choix de prières et de lectures pour les voyageurs (3). Saint Benoît ne pouvait donc pas préciser davantage. Ce qu’il veut, c’est que les moines fassent leur possible. Et servitutis pensum non negligant reddere : c’est une dette de justice et une obligation sacrée (4).
(1) Epist., l. I, Ep. XXVIII. P. L., CLXXXIX, 132.
(2) Il faudrait lire : agant sibi ils diront l’office en particulier.
(3) Cf. Calmet, Comment. sur le chap. l.
(4) Sur l’ancienneté et l’universalité de cette récitation obligatoire pour les clercs comme pour les moines, cf. Mabillon, De Liturgia gallicana : Disquisitio de cursu gallicano, vi, p. 426-439.
p. 369 Dans les mots : Non eos praetereant Horae constitutae, certains commentateurs voient le précepte de réciter chaque Heure en son temps. Il n’eût jamais paru possible à saint Benoît qu’on psalmodiât les Laudes, par exemple, au coucher du soleil ou même de nuit. Nous pourrions rappeler aussi qu’il est des endroits moins favorables à la récitation décente et pieuse de nos Heures ; enfin que, sauf les cas prévus par la théologie morale, nul aujourd’hui n’a le loisir de réduire la liturgie et de l’accommoder aux nécessités du voyage.
Lateinischer Text: Ausgabe von Hunter Blair, The Rule of St. Benedict, Fort Augustus 1906, ohne die Bibelverweise in eckigen Klammern und die Anmerkungen des Herausgebers. Übliche Verszählung. · Übersetzung von P. Pius Bihlmeyer OSB († 1931), Bibliothek der Kirchenväter, 1914. Gemeinfreier Text in Frankreich (Art. L123-1 des französischen Gesetzbuchs über geistiges Eigentum). Abschrift und Durchsicht: Abbatia Sancti Petri de Curte. Fehler melden