Die Regel des heiligen Benedikt
Kapitel 60
De Sacerdotibus, qui forte voluerint in Monasterio habitareVon den Priestern, die etwa in das Kloster eintreten wollen
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Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 60
p. 470 DES PRÊTRES QUI VOUDRAIENT SE FIXER DANS LE MONASTÈRE
Si quis de ordine Sacerdotum in Monasterio se suscipi rogaverit, non quidem ei citius assentiatur:
Bittet einer aus dem Priesterstand um Aufnahme ins Kloster, so erfülle man seinen Wunsch nicht allsogleich.
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 60.1-60.3
p. 470 De sacerdotibus qui voluerint in monasterio habitare. — Si quis de ordine sacerdotum in monasterio se suscipi rogaverit, non quidem ei citius assentiatur : tamen si omnino perstiterit in hac petitione, sciat se omnem Regulae disciplinam servaturum, nec aliquid ei relaxabitur, ut sit sicut scriptum est : Amice, ad quid venisti?
p. 470 Primitivement, les moines appartenaient, nous l’avons remarqué déjà, à l’ordre laïc. Il y avait pourtant quelques prêtres et quelques clercs dans chaque monastère ; et N. B. Père leur consacrera tout le chapitre LXII, qui complète les enseignements de celui-ci. Bien loin de s’exclure l’un l’autre, les deux ordres peuvent se coordonner harmonieusement, les deux vies se combiner ; des moines entrent dans la cléricature, et des clercs embrassent la vie monastique ; cette alliance des deux états honore la religion et sanctifie le sacerdoce : ... Monachis et clericis, quorum et sacerdotium proposito et propositum ornatur sacerdotio (1). Il ne s’agit pour l’instant que de prévoir l’accueil qu’on doit faire à ceux de l’ordre sacerdotal : évêques, prêtres, diacres (2), et à ceux du clergé inférieur (N. B. Père distingue les deux catégories de clercs, dans ce chapitre comme à la fin du suivant), lorsqu’ils demandent à être agrégés au monastère.
(1) S. Hieron., Epist. LII ad Nepot., 5. P. L., XXII, 532.
(2) On peut considérer les diacres comme faisant partie de cet ordre (Hildemar, in h. l.).
p. 470 La vie monastique est distincte de la vie sacerdotale par son but, par son programme, par ses grâces. Nous ne contesterons aucunement que le prêtre séculier doive travailler à sa perfection : ne lui a-t-on pas dit, en lui conférant la dignité sacerdotale : Agnosce quod agis, imitare quod tractas? Et, pour attester que la perfection réalisée n’est pas un monopole des cloîtres, qu’il nous suffise de rappeler ici l’exemple du saint curé d’Ars. Nous n’instituerons pas davantage la comparaison fameuse, et souvent mal comprise, entre l’état de perfection acquise, celui des évêques, — et l’état de perfection à acquérir, celui des religieux. Nous ne songeons pas plus à établir des parallèles entre les personnes. Nous parlons doctrine. Or il est certain que la vie religieuse est la vie parfaite organisée, assurée par la pratique des conseils et des vœux, et que le prêtre lui-même y entre sans déchoir. Il est incontestable aussi que l’Église est soucieuse de maintenir et de sauvegarder le droit sacré qu’ont tous ses clercs d’entrer, dès qu’ils le veulent, dans un Ordre actif ou contemplatif. Les évêques, à raison du lien spirituel qui les attache à leur église, ont besoin, pour se faire religieux, de la permission du Souverain Pontife. Quant aux clercs dans les ordres sacrés, ils doivent s’adresser filialement à leur Ordinaire et se concerter avec lui, afin que les âmes ne restent pas en souffrance et sans pasteur (1). Même lorsqu’il y a pénurie de prêtres, les évêques ont trop d’esprit surnaturel et trop le sens de la communion des saints pour ne pas favoriser les vocations religieuses.
(1) Voir le canon 542 du Code.
p. 471 S’il est toujours permis à un clerc, à celui qui est déjà ad clericatum conversus, selon l’expression d’anciens conciles, de solliciter son admission dans le monastère pour une « conversion » nouvelle et plus complète : il est loisible aussi au monastère de s’abstenir de tout empressement et de toute hâte à l’accueillir : Non quidem ei citius assentiatur. Il faut donc se garder de prendre les devants, et ne céder qu’à de longues et pressantes instances : Si omnino perstiterit in hac petitione. Sans se laisser éblouir par l’honneur ou le profit qu’une telle démarche apporte au monastère, il est sage d’éprouver cette vocation tout comme les autres, — plus que les autres, disait Hildemar. Et le même commentateur ajoute, avec Paul Diacre, qu’on faisait passer le prêtre par les mêmes stades qu’un laïc, y compris l’humiliant séjour devant la porte. Mais il est permis de croire que N. B. Père, si attentif à honorer le prêtre, n’entendait pas le soumettre aux vexations et aux injures qui précédaient ordinairement l’entrée (2).
(2) Cum autem clericus aliquis ad virum sanctum ut monachis adscriberetur accedebat, ordini quidem ejus deferebatur reverentia, quemadmodum divina nobis lex praescribit; quantum vero ad observantiam canonis fratres obligantis attinet, praestabat illam talis aeque ac ceteri (Vita S. Pachomii, c. iii. Acta SS., Maii t. III, p. 303).
p. 471 Il est facile de justifier, aujourd’hui encore, les appréhensions de la sainte Règle. Dans un grand séminaire, en vue des fonctions et des devoirs de la vie sacerdotale, ce que l’on inculque très habituellement, c’est l’incomparable dignité du sacerdoce. Le prêtre soutient une relation spéciale avec la maternité virginale de Notre-Dame ; le fait d’avoir sur la personne du Seigneur autorité et juridiction l’élève au-dessus des rois et même des anges... C’est exact. Mais nous savons bien aussi que, lorsqu’une dignité surnaturelle nous est conférée, nous avons une singulière facilité à nous établir, non dans l’élément responsabilité et obligation, mais dans l’élément grandeur et privilège. Les religieuses ne manquent jamais de paroles pour se proclamer les épouses de Jésus-Christ : il serait téméraire de dire qu’elles font toujours la volonté de leur Époux. Une conscience trop exclusive de notre dignité personnelle incline peu à une vie dont la caractéristique est l’humilité et l’obéissance.
p. 472 Et puis, le prêtre, surtout s’il est un peu âgé, arrive avec une âme toute formée, un caractère nettement dessiné, des habitudes mentales, parfois même un système. Il est difficile, dans ces conditions, qu’il soit largement et tranquillement hospitalier à des idées et à des pratiques qui lui sont peu familières et lui paraîtront inopportunes, peut-être inexactes. Une tendance bien humaine le portera aux critiques ; et il semblera, étant donnée son expérience, n’être entré que pour corriger ses frères et pour réformer l’abbaye. La condition du prêtre séculier est de se tenir à distance du monde et dans une attitude de défense : mais la plus lourde faute que l’on puisse commettre dans la vie monastique est de se garder. Quiconque a le dessein de devenir moine doit consentir à cette complète réédition de soi-même qui réclame l’effacement de la volonté propre. Un long exercice de l’autorité, même très légitime, même surnaturelle, a peut-être fait du prêtre, et à son insu, l’homme qui commande et qui dirige ; ou bien l’habitude d’une vie facile, sans gêne, intellectuellement désœuvrée, a peut-être amolli le caractère. Et pourtant, il faut, pour réussir, qu’un côté de notre cœur soit demeuré naïf, simple, affectueux ; il faut retrouver une part de jeunesse et de vaillance joyeuse.
p. 472 Mais enfin, si le candidat n’est pas de la trempe de ceux que nous venons de décrire, ou si du moins sa bonne volonté est telle qu’il y ait chance de réussite, il n’est pas imprudent de le recevoir. Toutefois saint Benoît ne mentionne pas cet accueil, mais fait remarquer aussitôt que le prêtre doit bien savoir, en entrant, qu’il sera tenu à garder toute la discipline de la Règle, sans qu’on la relâche aucunement en sa faveur ; il devra méditer la parole évangélique : « Mon ami, pourquoi êtes-vous venu ici? » N’est-ce pas pour vous sanctifier et pour obéir? Sans doute nous lisons ces paroles en saint Matthieu (xxvi, 50), et elles ont été adressées par le Seigneur à Judas ; mais on peut croire que sous la plume de N. B. Père le rapprochement et la citation sont purement matériels. Une formule équivalente était employée par les Pères du désert lorsqu’ils voulaient se rappeler à eux-mêmes la réalité de leur vocation : Propter quid existi? se demandait souvent saint Arsène (1). Saint Bernard, à qui l’on rapporte communément cette apostrophe, n’a donc fait qu’imiter les anciens (2).
(1) Verba Seniorum : Vitae Patrum, V, xv, 9. Rosweyde, p. 621. — S. Jean Climaque cite aussi l'Amice, ad quid venisti? que doit se dire le moine tenté d’instabilité (Scala, gradus iv. P. G., LXXXVIII, 724).
(2) Vita, l. I, c. iv. P. L., CLXXXV, 238.
tamen si omnino perstiterit in hac petitione, sciat se omnem Regulæ disciplinam servaturum,
Beharrt er durchaus bei seiner Bitte, dann soll er wissen, daß ihn die Regel in ihrer ganzen Strenge verpflichten wird;
nec aliquid ei relaxabitur, ut sit, sicut scriptum est: Amice, ad quid venisti?
in keinem Punkte wird ihm Erleichterung zuteil werden. Es gelte also, was die Schrift sagt: „Freund, wozu bist du gekommen“.
Concedatur ei tamen post Abbatem stare, et benedicere, aut Missam tenere; si tamen jusserit ei Abbas.
Doch werde ihm gestattet, in der Reihe gleich nach dem Abte zu stehen, den Segen zu erteilen, das Meßopfer zu feiern und das Schlußgebet beim gemeinsamen Gotteslob zu sprechen, vorausgesetzt, daß der Abt es ihm aufträgt,
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 60.4-60.5
p. 473 Concedatur ei tamen post Abbatem stare, et benedicere, aut Missam tenere, si tamen jusserit ei Abbas; sin alias, nullatenus aliqua praesumat, sciens se disciplinae regulari subditum, et magis humilitatis exempla omnibus det.
p. 473 L’intégrité de la vie monastique étant sauvegardée par les mesures qui précèdent, N. B. Père en propose d’autres qui ont pour dessein d’honorer le sacerdoce : tout est laissé, du reste, à l’appréciation de l’Abbé. Celui-ci peut donner au prêtre (et probablement, dans la pensée de saint Benoît, dès son entrée) une place supérieure : « après l’Abbé », peut-être même avant le Prieur et les doyens du monastère, s’ils ne sont pas prêtres ; s’il y a d’autres prêtres plus anciens, le nouveau venu prend évidemment son rang d’ancienneté monastique. Benedicere, c’est donner les bénédictions régulières au cours de l’office (ou au réfectoire pour le repas et la lecture). Missam (ou Missas) tenere, c’est célébrer la Messe ; selon D. Calmet, qui a toute une petite dissertation sur le sujet, ce pourrait être aussi « présider au chœur et réciter la dernière collecte ». Pour le reste, les prêtres suivaient le régime de leurs frères du noviciat : car on ne les dispensait pas, sans doute, du noviciat régulier ; et il est à noter que saint Benoît ne signale que des préséances liturgiques. Selon les coutumes monastiques postérieures, les prêtres étant d’ailleurs plus nombreux, les novices prêtres étaient parfois réduits à la communion laïque ; et lorsque, après leur profession, on les admettait à l’honneur de célébrer, ce n’était pas sans un sérieux examen préalable.
p. 473 Quand l’Abbé, dit saint Benoît, ne jugera pas à propos d’autoriser ces exceptions, il ne restera au prêtre que le droit de demeurer dans le rang, sans tenter de rien exercer des fonctions sacrées. Il se rappellera qu’il est soumis à la loi commune ; il possédera dans l’humilité la grâce de son sacerdoce, lui que le sacrifice de l’autel a si souvent mis en face de l’humilité de Dieu même. N’est-il pas notoire que ceux qui reçoivent bien la grâce, la reçoivent de telle sorte qu’elle leur souligne davantage leur néant? Chaque bienfait de Dieu les surprend. C’est à l’heure même où la maternité divine élève Notre-Dame au-dessus de toute créature, qu’elle se reconnaît seulement la petite servante du Seigneur. Plutôt que le spectacle attristant d’une ridicule suffisance, tous attendent donc du prêtre des exemples d’humilité.
Sin alias, nullatenus aliqua præsumat, sciens se disciplinæ regulari subditum, et magis humilitatis exempla omnibus det.
andernfalls erlaube er sich nichts. Er darf nicht vergessen, daß er sich in die Klosterordnung fügen muß, gebe vielmehr allen ein Beispiel der Demut.
Si forte ordinationis aut alicujus rei causa fuerit in Monasterio,
Handelt es sich im Kloster etwa um eine Wahl oder etwas Ähnliches,
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 60.6-60.7
p. 474 Si forte ordinationis aut alicujus rei causa fuerit in monasterio, illum locum attendat, quando ingressus est in monasterium, non illum qui ei pro reverentia sacerdotii concessus est.
p. 474 Ce passage est un peu énigmatique et a été très diversement interprété. On peut l’entendre comme il suit : si une charge importante du monastère devient vacante, s’il est question par exemple d’instituer, d' « ordonner » (au sens où saint Benoît prend ce terme) l’Abbé ou le Prieur, le prêtre ne s’imaginera pas que la place lui revient de droit. De même, si quelque autre décision importante doit être prise dans le monastère, ou si le Chapitre délibère sur un point proposé par l’Abbé, le prêtre ne se croira pas l’homme indispensable, ni ne proposera son avis avec le ton d’un maître, sous prétexte qu’il est plus cultivé, plus expérimenté que les autres. Saint Benoît calme d’un mot ces mouvements de nature : le prêtre regardera comme sien le rang qu’il aurait dû occuper, au chœur et partout dans la communauté, à raison de la date de son entrée, et non pas le rang que l’Abbé lui a librement accordé par respect pour son sacerdoce, et qu’il peut toujours lui retirer. Hormis ces privilèges prévus, il gardera son rang d’ancienneté monastique. N. B. Père le répétera presque dans les mêmes termes au chapitre LXII : Locum vero illum semper attentat, quo ingressus est monasterium, praeter officium altaris, et si forte electio congregationis et voluntas Abbatis pro vitae merito eum promovere voluerit. Le conseil n’a pas cessé d’être opportun : se tenir à son rang de profession ; n’est-ce pas même comme une règle générale de spiritualité? Au cours de toute notre vie, et quelques distinctions qui nous honorent, nous devons nous replacer, en face de Dieu, dans la situation qui nous appartient de droit et que nous connaissons bien : la dernière, le néant.
illum locum attendat, quando ingressus est in Monasterium, non illum, qui ei pro reverentia Sacerdotii concessus est.
so nehme er jenen Platz ein, der seinem Eintritt ins Kloster entspricht, nicht jenen, der ihm aus Ehrfurcht vor der priesterlichen Würde sonst eingeräumt ist.
Clericorum autem si quis eodem desiderio Monasterio sociari voluerit, loco mediocri collocentur,
Wenn Kleriker denselben Wunsch äußern, ins Kloster aufgenommen zu werden, dann weise man ihnen einen etwas höheren Platz an,
Kommentare Dom Paul Delatte, Abt von Solesmes (1913) (auf Französisch) 60.8-60.9
p. 474 Clericorum autem si quis eodem desiderio monasterio sociari voluerit, loco mediocri collocetur, et ipsum tamen, si promittit de observatione Regulae, vel propria stabilitate.
p. 475 Tout ce qui vient d’être dit du prêtre s’applique, proportion gardée, aux autres clercs. L’Abbé pourra leur donner un rang moyen, c’est-à-dire moins élevé que celui des prêtres et en rapport avec leur situation hiérarchique. Mais saint Benoît note encore que l’accueil des clercs, tout comme celui des prêtres, est subordonné à leur promesse d’observer la Règle et (vel) de se stabiliser. Il n’est pas nécessaire que nous comprenions cette dernière phrase selon l’exégèse, trop matérielle, de Bernard du Cassin : d’après lui, saint Benoît laisserait ici entendre qu’une place de choix n’était accordée aux clercs qu’après leur profession formelle.
et ipsi tamen, si promittit de observatione Regulæ, vel propria stabilitate.
aber nur, wenn sie Beobachtung der Regel und Beständigkeit geloben.
Lateinischer Text: Ausgabe von Hunter Blair, The Rule of St. Benedict, Fort Augustus 1906, ohne die Bibelverweise in eckigen Klammern und die Anmerkungen des Herausgebers. Übliche Verszählung. · Übersetzung von P. Pius Bihlmeyer OSB († 1931), Bibliothek der Kirchenväter, 1914. Gemeinfreier Text in Frankreich (Art. L123-1 des französischen Gesetzbuchs über geistiges Eigentum). Abschrift und Durchsicht: Abbatia Sancti Petri de Curte. Fehler melden