Abbatia
Sancti Petri
de Curte

Jean Cassien, Institutions cénobitiques

Livre IX. De la tristesse

Liber nonus. De spiritu tristitiae.Livre IX. De la tristesse.

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I. Quod quintum certamen sit aduersus spiritum tristitiae, et quae per ipsam menti inferantur dispendia.

Quinto nobis certamine edacis tristitiae stimuli retundendi sunt. quae si passim per singulos incursus et incertos ac uarios casus obtinendi animam nostram habuerit facultatem, ab omni nos per momenta singula separat diuinae contemplationis intuitu ipsamque mentem ab uniuerso puritatis statu deiectam funditus labefactat ac deprimit: non orationes eam explere cum solita cordis alacritate permittit, non sacrarum lectionum sinit remediis incubare. tranquillum quoque ac mitem fratribus esse non patitur et ad cuncta operationum uel religionis officia inpatientem et asperum reddit, omnique perdito salubri consilio et cordis constantia proturbata uelut amentem facit et ebrium sensum frangitque et obruit desperatione poenali.

1. Danger de la tristesse.

Le cinquième ennemi dont nous avons à repousser les attaques, est la tristesse qui consume le cœur. Si dans les événements incertains et variés de la vie, nous la laissons envahir notre esprit, elle nous éloigne à chaque instant de la contemplation divine. Elle affaiblit notre âme et lui fait perdre cette pureté qu’elle devait avoir. Elle ne lui permet plus de faire ses prières avec la ferveur accoutumée. Elle la détourne des lectures saintes qui lui seraient utiles. Elle nous empêche d’être calmes et doux à l’égard de nos frères, et nous rend impatients et désagréables dans tous nos actes et devoirs religieux. Après nous avoir fait perdre la lumière des bons conseils et l’énergie du cœur, elle nous jette dans une sorte d’ivresse et de folie. Elle nous brise et nous précipite dans l’abîme du désespoir.

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II. Qua cautione morbus tristitiae sit curandus.

Quamobrem non minore prospectu, si spiritalis agonis certamina legitime cupimus desudare, hic quoque nobis curandus est morbus. sicut enim tinea uestimento, et uermis ligno: ita tristitia uiri nocet cordi: satis euidenter ac proprie uim noxii huius ac perniciosi uitii spiritus diuinus expressit.

2. Avec quel soin nous devons combattre cette maladie.

Si nous désirons bien combattre dans les combats spirituels dont parle saint Paul, nous devons apporter autant de vigilance à guérir cette maladie que les autres vices de l’âme : « La teigne nuit au vêtement, et le ver au bois, comme la tristesse nuit au cœur de l’homme. » (Prov., XXV, 21.) L’Esprit-Saint exprime ainsi clairement la force et les ruines de cette passion dangereuse.

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III. Quam conparationem habeat anima quae tristitiae morsibus deuoratur.

Uestimentum namque esu tinearum adtactum nullius pretii uel honesti usus poterit ulterius habere commercium, totidemque lignum uermibus exaratum non iam ad ornatum uel mediocris aedificii, sed ad conbustionem ignis merebitur deputari. ita igitur et anima, quae edacissimis tristitiae morsibus deuoratur, inutilis erit uel uestimento illi pontificali, quod unguentum spiritus sancti de caelo descendens prius in barbam Aaron, deinde in oram suam solere suscipere sancti Dauid uaticinio perhibetur, secundum illud: sicut unguentum in capite, quod descendit in barbam Aaron, quod descendit in oram uestimenti eius: sed nec ad structuram templi illius spiritalis atque ornatum poterit pertinere, cuius Paulus architectus sapiens posuit fundamenta dicens: uos estis templum dei et spiritus dei habitat in uobis: cuius qualia sint ligna, sponsa describit in Cantico Canticorum trabes, inquiens, nostrae cupressus, tigna domorum nostrarum cedri. et idcirco huiusmodi ad templum dei lignorum genera deliguntur, quae sunt et bonae fragrantiae et inputribilia, quaeque nec corruptelae uetustatis nec esui uermium ualeant subiacere.

3. La tristesse est un ver qui ronge l’âme.

Dès qu’un vêtement est attaqué par les teignes, il perd toute sa valeur et ne peut plus honorablement servir ; et lorsque le bois est rongé par les vers, il ne peut être employé dans les plus simples constructions, et n’est bon qu’à être brûlé. De même, lorsque l’âme est dévorée par la tristesse, elle devient impropre à ce vêtement sacré où coule, selon le prophète David, « ce baume du Saint-Esprit qui descend du ciel, pour se répandre sur la barbe d’Aaron et jusque sur le bord de son vêtement. » (Ps. CXXXII, 2.) Elle ne peut plus servir à la construction et à l’ornement de ce temple spirituel, dont, selon saint Paul, le sage architecte a posé les fondements lorsqu’il a dit : « Vous êtes le temple de Dieu, et l’Esprit de Dieu habite en vous », (I Cor., III, 16) ; ce temple dont l’Épouse des Cantiques a décrit les matériaux : « Nos solives sont de cyprès, et les lambris de nos demeures sont de cèdre. » (Cant., I, 16.) Les bois choisis pour le temple de Dieu sont tous incorruptibles et d’une bonne odeur ; on rejette ceux qui sont trop vieux et rongés par les vers.

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IIII. Unde uel quibus modis tristitia gignatur.

Nonnumquam tamen irae praecedentis uitio subsequi seu concupiscentiae lucriue cuiusdam minus indepti generari solet, cum se harum rerum quadam spe mente concepta quis uiderit excidisse. interdum uero etiam nullis exsistentibus causis, quibus ad hanc labem conruere prouocemur, inimici subtilis instinctu tanto repente maerore deprimimur, ut ne carorum quidem ac necessariorum nostrorum aduentum solita suscipere adfabilitate possimus, et quidquid ab eis conpetenti fuerit confabulatione prolatum, inportunum nobis ac superfluum iudicetur, nullaque eis reddatur a nobis grata responsio, uniuersos cordis nostri recessus felle amaritudinis occupante.

4. Quelles sont les causes de la tristesse.

Les causes de la tristesse sont quelquefois un mouvement de colère que nous avons eu, un désir trompé, un profit perdu, le regret de n’avoir pas obtenu ce que nous avions espéré. Quelquefois, sans aucune cause apparente qui puisse nous faire tomber dans cet état fâcheux, la malice du démon nous jette tout à coup dans un tel abattement, que nous ne pouvons plus recevoir avec notre joie ordinaire les personnes que nous aimons le mieux et qui nous sont les plus utiles. Tout ce qu’elles nous disent pour nous être agréables, nous paraît ennuyeux et superflu. Nous ne savons plus leur dire une bonne parole, tant notre cœur est rempli d’ennui et d’amertume.

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V. Quod non aliorum, sed nostro uitio commotiones excitentur in nobis.

Unde manifestissime conprobatur non semper nobis aliorum uitio commotionum stimulos excitari, sed potius nostro, qui reconditas in nobismet ipsis habemus offensionum causas ac seminaria uitiorum, quae, cum mentem nostram temptationum imber adluerit, in germina confestim fructusque prorumpunt.

5. D’où nous viennent nos chagrins et nos vices.

N’est-ce pas une preuve évidente que ce ne sont pas toujours les défauts des autres qui nous troublent, mais que nous avons, au contraire, en nous les causes de nos chagrins et les semences de tous les vices, qui se développent et portent leurs fruits, lorsque la pluie des tentations vient à tomber sur nos âmes ?

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VI. Quod nullus repentino lapsu conruat, sed paulatim per longam incuriam reccidens pereat.

Numquam enim quis alterius uitio lacessitus peccare conpellitur, si repositam materiem delictorum in suo corde non habeat: nec tunc subito quispiam deceptus esse credendus est, cum conspecta mulieris forma in barathrum concupiscentiae turpis inciderit, sed potius occultos ac latentes medullitus morbos occasione uisus in superficiem tunc fuisse productos.

6. De la disposition aux chutes.

La conduite du prochain ne nous porterait jamais au péché, si nous n’avions dans notre cœur le principe de toutes nos fautes ; et il ne faut pas croire que nos chutes soient subites. Lorsque la vue d’une femme nous fait tomber dans les honteux désirs de la concupiscence, il faut penser que l’occasion a réveillé seulement en nous l’impureté cachée dont notre cœur était malade.

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VII. Quod non sint fratrum deserenda consortia, ut perfectio conquiratur, sed patientia iugiter excolenda.

Ideoque creator omnium deus, opificii sui curationem prae omnibus noscens, et quia non in aliis, sed in nobismet ipsis offensionum radices causaeque consisterent, non deserenda praecepit fratrum consortia, nec uitari eos, quos laesos a nobis uel a quibus nos arbitramur offensos, sed deliniri iubet, sciens perfectionem cordis non tam separatione hominum quam patientiae uirtute conquiri: quae firme possessa sicut potest nos etiam cum his qui oderunt pacem pacificos conseruare, ita, si parta non fuerit, ab his quoque, qui perfecti ac meliores nobis sunt, facit iugiter dissidere. occasiones enim commotionum, ob quas eos quibus iungimur deserere festinamus, in conuersatione humana deesse non poterunt: et idcirco tristitiae causas, ob quas a prioribus separamur, non euadimus, sed mutamus.

7. La perfection s’acquiert par la patience et non par l’éloignement de nos frères.

Aussi Dieu, le créateur de toute chose, qui connaît mieux que nous le moyen de guérir son œuvre, et qui sait très-bien que les racines, les principes de nos fautes, sont en nous-même et non pas dans les autres, ne nous ordonne pas de fuir la société de nos frères et d’éviter ceux que nous avons blessés, ou que nous croyons nous avoir offensés ; mais il veut que nous cherchions à les apaiser, parce qu’il sait bien que la perfection du cœur s’acquiert bien moins par la fuite des hommes que par la vertu de patience. Et une fois que cette vertu est affermie en nous, elle peut nous faire conserver la paix au milieu même de ceux qui la détestent. Mais si elle nous manque, nous pourrons nous irriter contre ceux qui sont parfaits et bien meilleurs que nous. Les occasions de trouble qui nous feraient fuir les hommes, ne nous manqueront jamais dans nos rapports avec eux ; mais en nous en séparant, nous n’éviterons pas les causes de notre tristesse ; nous en changerons seulement.

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VIII. Quod, si mores nostros emendatos habuerimus, possit nobis cum omnibus conuenire.

Procurandum itaque nobis est, ut nostra potius emendare uitia et mores corrigere festinemus. quae procul dubio si fuerint emendata, non dicam cum hominibus, sed etiam cum feris ac beluis facillime nobis conueniet secundum illud, quod in libro beati Iob dicitur: bestiae enim ferae pacatae erunt tibi. extrinsecus quippe uenientia non uerebimur offendicula nec ulla poterunt scandala nobis de foris inferri, si in nobismet ipsis intus radices eorum receptae insertaeque non fuerint. pax enim multa diligentibus nomen tuum: et non est illis scandalum.

8. C’est en nous corrigeant que nous pourrons vivre bien avec tout le monde.

Nous devons donc nous appliquer avant tout à corriger nos défauts et à réformer nos mœurs. Car, lorsque nous l’aurons fait, nous pourrons vivre facilement, non-seulement avec les hommes, mais encore avec les bêtes féroces, comme il est dit dans le livre de Job : « Les bêtes de la terre s’adouciront pour vous. » (Job, V, 23.) Nous ne craindrons pas les contrariétés qui viennent du dehors, et aucun scandale ne saura nous troubler, si nous n’avons en nous rien qui puisse y répondre. « La paix inonde ceux qui aiment votre loi, Seigneur, et le scandale ne peut les atteindre. » (Ps. CXVIII, 16.)

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VIIII. De alio genere tristitiae, quod desperationem salutis inportat.

Est etiam aliud detestabilius tristitiae genus, quod non correctionem uitae nec emendationem uitiorum, sed perniciosissimam desperationem animae inicit delinquenti: quod nec Cain fecit post fratricidium paenitere nec Iudam post proditionem ad satisfactionis remedia festinare, sed ad suspendium laquei sua desperatione pertraxit.

9. De la tristesse qui jette dans le désespoir.

Il y a encore une tristesse plus détestable, c’est celle qui, au lieu de porter l’âme coupable à régler sa vie et à fuir le vice, la jette dans l’abîme du désespoir : c’est celle qui empêcha Caïn de se repentir après son fratricide, et qui empêcha Judas de réparer son crime après sa trahison, et l’entraîna à se pendre.

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X. In quo tantummodo nobis sit tristitia utilis.

Ideoque utilis nobis una re tantum tristitia iudicanda est, cum hanc uel paenitudine delictorum uel desiderio perfectionis accensi uel futurae beatitudinis contemplatione concipimus. de qua et beatus apostolus: quae secundum deum est, inquit, tristitia, paenitentiam ad salutem stabilem operatur: saeculi autem tristitia mortem operatur.

10. En quoi la tristesse peut nous être utile.

La tristesse ne nous est utile que quand elle nous vient du repentir de nos fautes, du désir de notre perfection ou de la pensée du bonheur qui nous attend au ciel. C’est de cette tristesse que l’Apôtre a dit : « La tristesse qui est selon Dieu, produit une pénitence efficace pour notre salut, tandis que la tristesse du siècle donne la mort. » (II Cor., VII, 10.)

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XI. Quemadmodum discernatur, quae sit utilis ac secundum deum tristitia, et quae diabolica atque mortifera.

Sed illa tristitia, quae paenitentiam ad salutem stabilem operatur, oboediens est, adfabilis, humilis, mansueta, suauis ac patiens, utpote ex dei caritate descendens: et ad omnem dolorem corporis ac spiritus contritionem infatigabiliter semet ipsam desiderio perfectionis extendens et quodammodo laeta ac spe profectus sui uegeta cunctam adfabilitatis et longanimitatis retinet suauitatem, habens in semet ipsa omnes fructus spiritus sancti, quos enumerat idem apostolus: fructus autem spiritus est caritas, gaudium, pax, longanimitas, bonitas, benignitas, fides, mansuetudo, continentia. haec uero asperrima, inpatiens, dura, plena rancore et maerore infructuoso ac desperatione poenali, eum quem conplexa fuerit ab industria ac salutari dolore frangens ac reuocans, utpote inrationabilis et intercipiens non solum orationum efficaciam, uerum etiam uniuersos quos praediximus fructus spiritales euacuans, quos nouit illa conferre.

11. Comment on distingue la bonne tristesse de la mauvaise.

La tristesse sainte qui produit une pénitence efficace est soumise, affable, humble, douce et patiente, parce qu’elle vient de l’amour de Dieu, comme de sa source. Le désir de la perfection fait que l’âme accepte avec empressement les souffrances du corps, et qu’elle s’excite sans cesse à la contrition du cœur. Elle est heureuse cependant et se nourrit de ses espérances. Elle conserve toujours l’onction de la douceur et de la bonté, parce qu’elle possède tous ces fruits de l’Esprit-Saint dont parle l’Apôtre : « Le fruit de l’esprit est la charité, la joie, l’humanité, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la continence. » (Gal., V, 22.) L’autre tristesse, au contraire, est aigre, impatiente, dure, pleine de rancune et d’inutiles chagrins. Elle porte au désespoir celui dont elle s’empare et l’empêche de profiter de la douleur. Elle perd la raison, et non-seulement elle nous prive du secours de la prière, mais elle détruit tous les fruits spirituels que nous devions en attendre.

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XII. Quod absque illa salutari tristitia, quae tribus modis generatur, omnis tristitia tamquam noxia repellenda sit.

Quapropter absque illa, quae uel pro salutari paenitentia uel pro studio perfectionis seu pro desiderio suscipitur futurorum, omnis tristitia tamquam saeculi et quae mortem inferat aequaliter repellenda est ac sicut fornicationis spiritus seu filargyriae uel irae de nostris cordibus penitus extrudenda.

12. Nous devons chasser la tristesse qui peut nous nuire.

Ainsi toute tristesse qui ne vient pas d’une componction salutaire, du désir de la perfection ou de l’attente des biens futurs, doit être combattue comme une tristesse du siècle qui produit la mort, et il faut la chasser de notre cœur, avec le même soin que l’impureté, l’avarice et la colère.

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XIII. Remedia quibus tristitiam de cordibus nostris exterminare possimus.

Hanc ergo perniciosissimam passionem ita de nobis expellere poterimus, ut mentem nostram spiritali meditatione iugiter occupatam futura spe et contemplatione repromissae beatitudinis erigamus. hoc enim modo uniuersa tristitiarum genera, siue quae ex praecedente ira descendunt, siue quae amissione lucri uel detrimento inlato nobis adueniunt seu de inrogata generantur iniuria, siue quae de inrationabili mentis confusione procedunt, seu quae letalem desperationem nobis inducunt, ualebimus superare, cum aeternarum rerum ac futurarum intuitu semper laeti atque inmobiles perdurantes nec casibus deiecti praesentibus nec prosperis fuerimus elati, utraque uelut caduca et mox transeuntia contemplantes.

13. Remèdes pour détruire la tristesse dans nos cœurs.

Nous devons détruire en nous cette dangereuse passion de telle sorte que notre âme puisse se nourrir de ses saintes espérances et de la pensée du bonheur qui lui est promis. C’est ainsi que se dissipent toutes les tristesses qui viennent d’un accès de colère, de la perte d’un gain, d’un tort qu’on nous fait ou d’une injure que nous n’avons pas méritée. Nous surmonterons aussi ces tristesses sans cause qui troublent notre âme et nous portent au désespoir. La vue des biens éternels nous remplira d’une joie sainte et nous rendra fermes et persévérants. Nous ne nous laisserons point abattre par le malheur ou enivrer par la prospérité, parce que nous verrons que toutes les choses de ce monde sont fragiles et passagères.

Texte latin : De institutis coenobiorum, éd. M. Petschenig, Corpus scriptorum ecclesiasticorum Latinorum 17, Vienne, 1888, relu sur les fac-similés ; sans l’apparat critique. · Traduction française d’E. Cartier († 1887), Institutions de Cassien, Paris, Poussielgue, 1872. Cartier abrège par endroits et ne traduit pas les chapitres X et XI du livre I. Texte du domaine public en France (art. L123-1 du code de la propriété intellectuelle). Transcription et révision : Abbatia Sancti Petri de Curte. Signaler une erreur