Abbatia
Sancti Petri
de Curte

The Rule of Saint Benedict

Chapter 30

De pueris minori ætate, qualiter corripianturHow young children are to be corrected

On the whole chapter

Commentaries Dom Paul Delatte, Abbot of Solesmes (1913) (in French) 30

p. 263 COMMENT IL FAUT CORRIGER LES ENFANTS EN BAS ÂGE

1

Omnis ætas vel intellectus proprias debet habere mensuras.

Every age and state of intelligence ought to be governed in the way suitable to it.

Commentaries Dom Edmond Martène, Maurist (1690) (in Latin) 30.1

col.533 Omnis ætas vel intellectus.] Hic notat Menardus ætatem ab intellectu seu capacitate intelligendi distingui : nam etsi pueris mens sit immaturior, sunt tamen nonnulli grandiores, aut duræ cervicis, aut imbecillioris intellectus, quos virga agere solet , non ratio, nec excommunicationis vis.

col.533 Proprias debet habere mensuras.] « Id est judicii disciplina non uniformiter est omnibus exhibenda , sed secundum uniuscujusque ætatem vel intellectum cum magno est moderamine inferenda. Aliter enim parvuli, aliter adolescentes et juvenes , aliter senes , aliter vero in decrepita positi debent judicari ætate, » inquit Smaragdus.

Commentaries Dom Paul Delatte, Abbot of Solesmes (1913) (in French) 30.1-30.3

p. 263 De pueris minori aetate, qualiter corripiantur. — Omnis aetas vel intellectus proprias debet habere mensuras. Ideoque quoties pueri, vel adolescentiores aetate, aut qui minus intelligere possunt quanta poena sit excommunicationis, hi tales dum delinquunt, aut jejuniis nimiis affligantur, aut acribus verberibus coerceantur, ut sanentur.

p. 263 De même que les châtiments doivent être gradués selon les fautes, de même ils doivent être proportionnés à l’âge, à l’intelligence et à l’éducation de chacun. Saint Benoît l’a noté déjà au chapitre de l’Abbé et au chapitre XXIII, pour ce qui est de l’intelligence, mais sans faire mention explicite de l’âge. Il n’était pas inutile de rappeler, en terminant la section du code pénal, que plusieurs de ses dispositions ne convenaient aucunement à des enfants. « Chaque âge et chaque intelligence doit avoir sa mesure spéciale », ses procédés de correction : tel est le principe général. Et N. B. Père en fait aussitôt l’application à trois groupes de personnes : les enfants, les adolescents, les esprits bornés ou peu élevés.

p. 263 C’est sans doute à dessein que la Règle ne fixe ni la limite de l’enfance, ni celle de l’adolescence : la pleine responsabilité et le juste discernement ne venant pas chez tous au même âge. Saint Benoît décidera plus loin (au chapitre LXX) qu’en ce qui concerne la surveillance extérieure, le régime de l’enfance, de la pueritia, doit cesser après quatorze ans révolus, c’est-à-dire à l’âge où les petits Romains quittaient ordinairement la toge prétexte. L’adolescence, selon saint Isidore (et c’est lui que semblent suivre en cette question les commentateurs), durait jusqu’à vingt-huit ans. Mais il est clair que la plupart des moines pouvaient être soumis à toute la discipline régulière longtemps avant cette échéance. Saint Benoît parle sans distinguer des enfants et des plus jeunes religieux : il demande qu’on traite par un régime spécial et identique tous ceux chez qui prédomine l’élément animal.

p. 264 Le premier principe, en matière d’éducation, est de prendre les hommes par où ils sont saisissables : par l’intelligence, s’ils en ont ; par la sensibilité, si l’intelligence n’a pas encore un développement suffisant. Or, qu’est-ce que l’enfant? Un petit être, riche d’avenir sans doute, mais chez qui ne se révèlent guère présentement que les phénomènes de la vie animale. Nous le remarquions à propos du chapitre II, c’est par les friandises, le pain sec et le fouet qu’on lui apprend l’alphabet de la conscience, la distinction du bien et du mal. L’excommunier serait de la cruauté et de la sottise ; et on n’emprisonne pas sérieusement des enfants ! Chez l’adolescent, il y a déjà de l’intelligence, mais aussi l’orgueil de cette intelligence qui s’éveille ; il y a de la conscience, mais en même temps des passions grossières ou violentes ; ce n’est plus le sommeil, comme chez l’enfant, c’est la révolte. A côté enfin de ces deux groupes, il faut ranger celui qui demeure un enfant toute sa vie, qui n’a rien dans son âme pour tenir en échec les poussées de l’instinct. Celui-là est peu apte à comprendre, répète saint Benoît, toute la portée de cette peine morale qu’est l’excommunication.

p. 264 Lorsque de telles trempes tombent en faute, c’est donc au corps qu’il faut s’adresser, soit pour le réprimer, soit pour l’affaiblir. On l’affaiblira par des jeûnes sévères (nimiis ne peut signifier, dans la pensée de saint Benoît, excessifs et indiscrets) ; on réprimera ses audaces par des coups bien appliqués. Ut sanentur : on arrivera ainsi à établir la vraie santé morale, c’est-à-dire le jeu ordonné et tranquille de toutes les énergies, l’équilibre et l’harmonie des forces physiques et spirituelles : Mens sana in corpore sano.

2

Ideoque quoties pueri, vel adolescentiores ætate, aut qui minus intelligere possunt quanta pœna sit excommunicationis,

Thus the faults of those who are children or youths, or who cannot understand the seriousness of the penalty of excommunication,

Commentaries Dom Edmond Martène, Maurist (1690) (in Latin) 30.2

col.533 Ideoque quotiens pueri.] Pueritia a septimo anno incipit, et decimo quarto completo desinit.

col.533 Vel adolescentiores ætate.] Adolescentia ab anno decimo quarto ad vigesimum octavum peragitur. Porro acute notat hic Bernardus Cassinensis S. P. Benedictum duas hic ætates comprehendisse , integram unam, scilicet pueritiam, inceptam alteram, nempe adolescentiam; nec simpliciter dixisse adolescentes , sed adolescentiores , quia ætas pueritiæ proxima de pueritiæ levitate magis retinet.

col.533 Aut qui minus intelligere possunt quanta pœna sit excommunicationis.] « Ille, inquit Hildemarus, non intelligit qui non verecundatur, nec turpitudinem habet pro excommunicatione. » Ubi S. Pater « omnem comprehendit ætatem , uti observat Bern. Cass. , et istos in capite 23 supra improbos appellavit, quos vindictæ corporali subjacere decrevit. »

3

hi tales dum delinquunt, aut jejuniis nimiis affligantur, aut acribus verberibus coerceantur, ut sanentur.

shall be punished by rigorous fasting or corrected by sharp stripes.

Commentaries Dom Edmond Martène, Maurist (1690) (in Latin) 30.3

col.533 Hi tales dum delinquunt.] Et delictum exigit.

col.533 Aut jejuniis nimiis affligantur.] Quod ex Hildemaro duobus modis fieri potest : aut aliquid de cibo et potu subtrahendo eadem qua cæteri hora reficientibus, aut eamdem quam alii sumunt refectionem in vesperam , aut alterum diem differendo. Additque quosdam esse qui nimium jejunium « intelligunt mediam libram panis solummodo, et unum staupponem aquæ in hieme , in æstivo tempore duos ; alios vero quartam partem libræ panis et aquam sicut superiores. Sed isti, inquit, qui quartam partem libræ panis dicunt, non bene discernunt. » Verum istud nimiis non stricte pro excessu in jejuniis accipiendum reor; sed late, quasi diceret duris jejuniis, servata tamen discretione.

col.534 Aut acribus verberibus coerceantur.] Ita etiam sanctus Pachomius (Art. 97) : « Omnes pueri qui non timent confundi pro peccato, et correpti verbo non emendaverint, verberentur quandiu disciplinam accipiant, et timorem. » S. Isidorus (Cap. 17) : « In minori ætate non sunt coercendi sententia excommunicationis, sed pro qualitate negligentiæ congruis emendandi sunt plagis, ut quos ætatis infirmitas a culpa non revocat, flagelli disciplina compescat. » Magister (Cap. 14) : « Infantulos usque ad quindecim annos non excommunicari , sed præcipimus vapulari pro culpis. « S. Fructuosus (Cap. 6) : « Quod si in aliquo, quæ diximus deprehensi fuerint, continuo ab ipso suo decano virga emendentur. » Sed S. Basilius pueros ita puniri præscribit (Regul. fus. , cap. 15) : « Cibum, inquit, usurpavit intempestive ? majore diei portione jejunus maneat. Immodeste et turpiter comedit ? tempore refectionis cibo prohibitus, cogatur alios scite vescentes contueri, ut et abstinentia puniatur, et gravitatem discat. Otiose quid locutus est ? Convicium dixit proximo suo ? mentitus est ? aut aliorum quid eorum dixit quæ prohibita sunt ? et jejunio et silentio castigetur. »

col.534 Ut sanentur.] Nam , ut ait Scriptura , Stultitia colligata est in corde pueri , et virga disciplinæ effugabit eam (Prov. xxii).

Latin text: Hunter Blair’s edition, The Rule of St. Benedict, Fort Augustus, 1906, without the editor’s bracketed Scripture references and notes. Standard verse numbering. · English translation by Cardinal F. A. Gasquet († 1929), London, 1925. Public-domain text in France (art. L123-1 of the French Intellectual Property Code). Transcription and revision: Abbatia Sancti Petri de Curte. Report an error